Quand la peur s’en mêle!

Amis Lecteurs,

Comme le souligne Astrid  du blog Eperdument cheval, organisatrice de cette 28ème Cavalcade des blogs, tout cavalier a déjà éprouvé de la peur avec son lot de conséquences heureuses ou malheureuses, et votre râleuse rédactrice préférée ne fait pas exception à la règle! Alors, sans plus attendre, je vous emmène découvrir comment, pour moi, la peur s’en est mêlée, et comment, finalement, elle m’a permis de progresser.

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Pour moi, la première grosse frayeur à cheval fût la perte de maîtrise de ma monture alors que j’étais encore enfant et que je ne montais que quelques jours par an. Je devais avoir 10 ans et l’on m’avait fait le plaisir de me laisser monter une jolie  jument haflinger répondant au nom, bien choisi, de Flamme.

Ravie, j’évoluais seule au soleil, sous la surveillance lointaine, voire monoculaire, du propriétaire de Flamme quand soudain… un taon, que je n’avais bien sûr pas repéré, piqua ma jolie cavale qui s’enfuit aussi vite qu’elle le put c’est-à-dire au triple galop ou, en tous cas, c’est comme cela que je le ressenti alors.

Forte des bons conseils que l’on m’avait prodigués auparavant, je réussis à maintenir mon météore dans un mouvement circulaire perpétuel mais pas à l’arrêter. N’osant pas crier, par peur de l’exciter, n’osant pas me pendre à sa bouche par peur de mal faire et de faire mal, un étrier en moins par inexpérience, je subis ainsi un certain nombre de tours avant qu’un adulte ne s’aperçoive de la situation délicate dans laquelle je me trouvais et rappelle à l’ordre mon surveillant, à qui il suffit, bien entendu, d’un petit rappel de la voix pour calmer ma tortionnaire jument.

Des félicitations pour ma tenue en selle, pas de chute, pas de blessure, rien de spectaculaire et vu d’ici, rien de grave. Pourtant, cette perte de contrôle et la peur qu’elle a engendrée m’ont suivies à peu près 12 années durant.

Hé oui! A chaque cours, chaque stage, chaque promenade où le galop était de mise, mon estomac se serrait par avance dans l’attente du moment fatidique où je perdrais tout contrôle. Comme la plupart du temps, la peur n’était une émotion ni avouable ni prise en compte par les moniteurs, je réalisais tous les exercices demandés en serrant les dents et en apnée, du trot sans étriers au saut d’obstacles. Saut d’obstacles qui m’a d’ailleurs valu une excellente note au passage d’un brevet équestre… Hum: en sortie de piste j’étais violette…

Et puis un jour, j’ai voulu progresser et un jour, j’ai rencontré un professeur qui en dix secondes a vu et compris le problème. « Tu as la trouille, ta respiration se bloque, tu te raidis, tu tires sur les rênes et donc… mon cheval ne démarre pas. » Cqfd. Bam! ENFIN! Enfin, quelqu’un mettait le doigt sur mon problème central: la peur! L’angoisse voire la panique! Et de plus, ce quelqu’un m’a proposé tout naturellement de m’aider à passer ce cap qui empêchait toute progression.

Comment? D’abord, quelques cours sur un cheval très doux, au galop plutôt rasant mais bien dressé et avec du répondant. En trois séances, l’affaire était réglée, je prenais enfin plaisir à galoper, rênes lâches, assise dans ma selle, la respiration sinon ample au moins présente, en confiance. Puis, pour confirmer cette étape, une promenade en groupe avec un cheval de tête (qui était magnifique et qui, bien que décédé peu après mon arrivée dans cette écurie, me laisse un souvenir impérissable) beaucoup plus vif mais qui connaissait son boulot. Sur une bordure maraîchère à la vue dégagée et à la longueur raisonnable, on me demanda de mener le groupe au petit galop. Ni une ni deux: demande suivie d’exécution immédiate par un cheval ravi lui aussi de galoper en presque liberté avec ses copains d’écurie. Arrêt au poids du cuir à la seconde désirée, le sourire plus large que les oreilles.

Etais-je vraiment guérie pour autant? Il semble que oui car à la leçon suivante, je pus remonter le maître d’école, puissant au galop bondissant avec cette fois le sourire aux lèvres et la paix à l’âme et au coeur.

Amis cavaliers, ne perdez pas comme moi une décennie de progression. N’ayez pas honte d’avoir peur. C’est un sentiment naturel et qui nous permet d’éviter de nombreux dangers. Si elle devient handicapante, parlez-en! Tout le monde ne peut pas deviner sous votre air décidé qu’à l’intérieur vous êtes tétanisé 🙂 Croyez moi, monter en toutes circonstances dans un sentiment et une attitude de relâchement mental est gage de sécurité, de progression et de plaisir!

Alors, à vos professeurs!

Horses Hints

 

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7 réflexions sur “Quand la peur s’en mêle!

    • Oui, une chance mais en même temps, TOUS les enseignants devraient être capables de cela car la base de l’équitation c’est la décontraction et le propre de la peur est bien de nous contracter « de partout » 😉

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  1. Je crois aussi qu’il faut parfois rencontrer la bonne personne, et le bon cheval, qui seront capables de nous rassurer. Mais c’est vraiment cool que tu aies pu passer par dessus ta peur pour vraiment retrouver le plaisir de monter, surtout après 12 ans de persévérance!

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Clôture cavalcade des blogs n°28 ! – Eperdument Cheval

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