Cheval qui es-tu? – Les ancêtres

Dans l’article précédent, je vous présentais rapidement le concept d’éthologie et je vous promettais une présentation du cheval à la sauce « étho ». Cependant, avant d’entrer dans le vif du sujet, il m’a paru judicieux de vous parler, un peu, de l’évolution du cheval.

Pour le Larousse, le cheval est un « mammifère herbivore de grande taille, à un seul doigt par membre, coureur rapide des steppes et prairies, dont la domestication a joué un grand rôle dans l’essor des civilisations asiatiques et européennes« . Vous vous en doutez, cette définition, bien qu’exacte, est totalement incomplète et mérite un léger (?) approfondissement.

Commençons par un peu d’histoire. Voici Hyracotherium (ou Eohippus).

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Apparu en Amérique du Nord il y a 53 millions d’années (soit 8 millions d’années après la disparition des dinosaures), Hyracotherium, 45 cm au garrot, moins de 10 kg sur la balance et marche sur la pointe des doigts. Il en possède quatre aux antérieurs et trois aux postérieurs. Il se nourrit de feuilles et de fruits à l’aide de ses 44 dents qui ne sont alors ni très dures ni très longues et qui ne poussent pas en permanence,  et vit dans la forêt. (A cette époque, l’Eocène, les cinq continents sont plus rapprochés qu’actuellement et les terres sont recouvertes d’une végétation très dense). Pour survivre, il se cache des prédateurs et n’a donc pas encore développé les importantes qualités de fuite que possèdent nos chevaux d’aujourd’hui.

Voici à présent Mesohippus.

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Apparu en Amérique du Nord il y a environ 30 millions d’années (à l’Oligocène donc), des fossiles ont été retrouvés dans le Dakota du Sud. Il mesurait à peu près 70 cm au garrot, son apparence était plus proche de celle de nos chevaux mais ses dents n’étaient pas encore adaptées au pâturage.  Il  fut le premier des chevaux à trois doigts et engendra, à la fin de l’Oligocène (soit il y  entre 28 et 23 millions d’années) le Miohippus qui cohabita avec lui quelques millions d’années encore.

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Il pesait de 40 à 55 kg. Son nom signifie « petit cheval » Ses trois doigts associés à une articulation de la « cheville » particulière lui ont permis de développer des aptitudes à la course. Ses molaires supérieures étaient dotées d’une crête supplémentaire, ce qui lui permettait de mâcher des plantes plus résistantes. A noter également, Miohippus comptait quatre espèces, dont deux qui ont évolué dans les steppes et praries et deux qui ont vécu dans les forêts. Elles se sont toutes éteintes il y a 5,3 millions d’années. Après Miohippus, vint Parahippus et puis Mérychippus, il y a 15 millions d’années.

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Aussi grand qu’un poney moderne, avec un squelette très proche de la ligne de nos chevaux actuels, il possédait trois doigts à chaque membre mais marchait sur le doigt central, plus développé que ses voisins et doté d’un sabot! Ses dents étaient plus longues que celles de ses ancêtres et le cément dentaire a fait son appartition, permettant une vie de pâturage dans les steppes et les prairies. Ses jambes étaient plus longues également que celles de ses prédecesseurs et lui facilitaient la course.

Au Pliocène, apparaît Pliohippus, le tout premier équidé à un seul doigt!

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Picture from Encyclopedia Britannica

 Il est l’ancêtre direct d’Equus, le cheval tel que nous le connaissons. Des caractéristiques de ses dents et de sa morphologie qui lui facilitait la course, les scientifiques ont déduit que Pliohippus vivait dans les plaines et se nourrissait essentiellement par pâturage.

Et enfin, voici Equus! Il apparaît en Amérique du Nord au Pléistocène aux alentours de  – 1,5 millions d’années et va se disperser en Amérique du Sud, en Eurasie puis en Afrique. Il disparaît du continent américain il y a environ 10 000 ans, probablement terrassé par le volcanisme de la région de Mexico, les grands carnassiers, des épizooties dévastatrices, et les premiers hommes (Amérindiens et Paléoaméricains) pour y être réintroduit plus tard par les conquistadors.

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Si vous avez bien soutenu votre attention, vous avez pu remarquer dans ce bref exposé, que l’évolution du cheval n’a pas été tout à fait linéaire. Des espèces monodactyles ont cohabité avec des espèces tridactyles, la silhouette et les dents ont aussi changé par à-coups, tout comme la taille au garrot et le poids. Vous avez aussi noté que certaines espèces se sont totalement éteintes alors que d’autres se sont adaptées et ont finalement donné naissance à notre cheval actuel… La magie de l’évolution? En tous cas, si l’on considère la théorie de l’évolution de C. Darwin (entre autres), on peut raisonnablement penser que le cheval a évolué par adaptations successives à son milieu de vie.

Ainsi, sa taille a augmenté pour l’aider à voir venir les prédateurs de plus loin. Ses jambes ont dû grandir pour supporter son poids plus important mais aussi pour couvrir plus de terrain en cas de fuite.Ses mâchoires et ses dents se sont elles aussi modifiées. Vivant dans les steppes, il mangeait des herbes riches en lignine. Ses dents se sont donc mises à pousser continuellement, pour compenser l’usure due aux pâturage de plantes abrasives. Et si sa tête est assez imposante, c’est pour pouvoir contenir ses 40 dents.(44 chez certains chevaux si l’on compte les dents de loup et les dents de cochons et 36 chez de nombreuses juments qui n’ont pas de canines). Son corps aussi s’est adapté à ses milieux de vie. Celui qui vivait dans des contrées au climat rude et venteux, par exemple, a développé un corps pas trop grand mais robuste, un poil dru, une crinière fournie, des sabots solides pour évoluer sur des sols rocailleux. Tels le Shetland, le Fjord, le Frison, l’Islandais, …

Aujourd’hui, plus que la nature, c’est l’homme qui constitue le garant de la conservation et/ou de l’évolution de certaines races et espèces. Espérons qu’il gardera longtemps encore l’amour des équidés afin d’en préserver l’harmonie et la diversité de par le monde.

Au sommaire du prochain article

  • Cheval qui es-tu? – Tentative de réponse éthologique

2 réflexions sur “Cheval qui es-tu? – Les ancêtres

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