Ethologie, qui es-tu?

Update du 13/07/2016

S’il est un mot que l’on entend partout depuis une vingtaine d’années et dans toutes les bouches, même non cavalières, depuis une dizaine d’années, c’est bien celui-ci: ETHOLOGIE. Présentée comme panacée par certains, totalement dénigrée par d’autres, pratiquée telle une religion ou constituant un fonds de commerce alléchant pour infrastructures en mal de clientèle, une chose est sûre, elle laisse rarement indifférent. Je vous avais promis cette série d’articles au lancement du blog : la voici enfin! Et pour démarrer, une petite mise à niveau s’impose.

L’éthologie est la science qui étudie les comportements intraspécifiques (au sein d’une espèce, êtres humains compris) et interspécifiques (entre espèces différentes). Et par comportements, on entend aussi bien les relations sociales que les instincts, le caractère et la cognition. Bien qu’elle ait débouché sur différents courants, elle semble privilégier aujourd’hui l’observation des espèces dans leur milieu naturel (bien que beaucoup d’éthologues travaillent aujourd’hui en laboratoire ou en milieu semi-naturel, pour des questions de gros sous principalement). Quand on parle d’éthologie, on parle avant tout de science et de recherche et cela pour toute espèce, pas seulement les chevaux. Rappelez-vous Dian Fossey et ses gorilles!

Equitation éthologique?

L’équitation éthologique se base, ou devrait se baser, sur les travaux des éthologues qui se sont particulièrement intéressés à nos amis les chevaux. Avec un petit point « amusant »: aucune équitation ne saurait être naturelle ou éthologique puisque, par nature, le cheval n’est absolument PAS fait pour être monté! Ni son corps, ni son esprit ne le prédisposaient à collaborer de cette manière avec l’être humain. Et la réciproque est également vraie. Nous développerons cette question sur une autre page. Inutile d’abandonner l’équitation pour autant! Les relations et le travail homme-chevaux peuvent tout à fait bien se vivre pour les deux parties.

Certains professionnels voient dans cette approche une « réinvention de l’eau chaude » et je ne leur donne pas tort mais pas raison non plus. (Ce serait trop simple!) En effet, pour les cavaliers et dresseurs qui ont la chance de pratiquer leur art au sens classique du terme, connaître le comportement du cheval, son caractère, son langage et la manière de communiquer avec lui constitue une base. Admettons-le, cependant, les cavaliers de club (et j’en fus également, je ne l’oublie pas!) reçoivent bien trop souvent une éducation mécaniste. Et cela les conduit à des déboires et accidents divers et variés. En ce sens, la vague éthologiste est utile puisqu’elle pousse ces mêmes cavaliers à s’ouvrir à l’être vivant qu’est le cheval et à le considérer comme tel, et non plus comme une machine plus ou moins bien huilée.

horses-1410711_1920

Pour moi, le bémol se situe dans la vulgarisation à outrance et surtout, dans le merchandising. Ben oui… L’éthologie, qui constitue UNE approche possible du cheval et qui permet un certain type de travail et de communication, s’érige en méthode pure et dure dans bien des têtes et pis, devient LA bonne manière de travailler avec un cheval. Seulement voilà,  comme je me plais à vous le seriner un peu partout sur ce blog, l’équitation est un sport et un art complet et demande de grandes capacités d’adaptation. L’éthologie, nous le verrons plus tard, est une approche très intéressante et utile mais ne permet pas pour autant de tout ignorer des classiques. A l’inverse, bien qu’on puisse obtenir presque tout d’un cheval bien dressé « mécaniquement », la fusion arrive quand on est capable de laisser une place à la personnalité dudit cheval. Et c’est pour cela que j’apprécie les travaux de dresseurs qui mêlent plusieurs approches, quel que soit leur monde équestre de départ et, que les puristes me pardonnent, je place monsieur S. Bigo et madame A. Beran en tête de liste. Bien que, comme dit plus haut, tout dresseur de talent se sert, empiriquement au moins, des dimensions éthologiques de l’animal cheval.

Au sommaire du prochain article:  

Update du 11 juillet 2016 à 10h37

Au sommaire du prochain article:

Suivi de:

  • Cheval qui es-tu? – Tentative de réponse étho-logique

Mémento utile

L’éthologue, ou éthologiste, est un universitaire (Bac +5 pour l’éthologie appliquée, Doctorat pour la recherche) qui se base sur l’observation des espèces et l’étude de leurs comportements pour élargir un champ de connaissances ou apporter une solution à un problème donné. Pour plus d’informations sur ce métier de passionné, c’est par ici.

Cependant, ces termes désignent aussi, en France, une personne titulaire d’un DU Ethologie du cheval (Bac +2). Formation qui complémente un autre métier du cheval. Expérience préalable exigée!

Par ailleurs, et c’est là que commencent les ennuis, le langage courant ne possède pas d’autre terme pour nommer un enseignant qui applique les principes de l’équitation dite éthologique ou comportementale. Certains vont même jusqu’à se prétendre éthologues après avoir suivi trois week-end de séminaires… Cherchez l’erreur!

8 réflexions sur “Ethologie, qui es-tu?

  1. Si je peux ajouter une petite précision à ta définition de l’éthologie : elle ne se base plus vraiment (en tout cas pas uniquement) sur l’observation des espèces dans leur milieux naturel (notamment pour des questions de budget car l’observation en milieu naturel, quoi que plus intéressante et parfois beaucoup plus coûteuse, il n’est donc pas rare de travailler en labo ou en milieu semi naturel pour un éthologue).

    Là où je te rejoins c’est quand tu dis qu’il n’y a pas UNE unique manière travailler avec un cheval, je pense également qu’il est bénéfique de se nourrir de la connaissance des autres et des autres méthodes pour après être capable de faire le tri et de pourquoi mixer ce qui correspond au mieux au couple cheval-cavalier.

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Crottins & Co, Merci pour ton passage ici, et pour ton commentaire! En effet, tu as tout à fait raison sur les méthodes actuelles (quoi qu’on continue à observer au naturel, pour ceux qui ont de la chance peut-on dire? 😉 ) je m’en vais donc rajouter cette nuance dans mon article! Par contre, à mon avis, il ne faut pas perdre de vue qu’un milieu « synthétique » peut modifier les comportements et réponses des sujets observés. Ce qui bien sûr, est pris en compte par les scientifiques, je n’en doute pas! 🙂 Quant à la fin de ton message, c’est exactement ce que je pense. Pour moi, l’équitation et la communication homme-cheval n’ont jamais été des recettes de cuisine. (Si, allez, j’avoue, à 10 ans, au milieu du manège, j’appliquais la recette qu’on me hurlait depuis la cafét’. :p ) Et aucun cuisinier n’aurait l’iddée d’assaisonner tous ses plats avec une seule et même épice. Pareil pour moi et les chevaux que j’ai la chance de rencontrer. Encore merci pour ton passage, et à bientôt!

      J'aime

  2. Pingback: Une vie de cheval – Budget temps, première approche | Horses Hints

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s