Lâchez-lui la grappe!

Et par « la grappe » j’ entends « la tête et la bouche ». Non, je ne milite pas pour le « sans mors ». Oui, je milite pour une équitation juste, quel que soit le matériel et les méthodes employés. Quand je vois un débutant sur un tout jeune cheval avec un pelham assorti d’un gogue, je bondis mais quand je vois un cavalier de bon niveau sur un cheval expérimenté avec une muserolle pull-back combinée bien serrée et les éperons hyperactifs. je bondis tout autant!

Dans le premier cas, il est manifeste que le cavalier (ou l’entraîneur mais il ne mérite alors pas ce titre) a peur du cheval et/ou de ses allures et qu’il a trouvé dans l’association « gros mors + enrênement fixe » un super frein à main qui, petit à petit, restera enclenché en marche. Imaginez l’effet en voiture… Pour le cheval, c’est à peu près pareil SAUF QUE cette combinaison de matériel avec un cavalier inexpérimenté a 100 % de chances de le BLESSER. Alors, soit il se résignera, n’avancera plus, refusera le contact, … soit il cherchera d’autres moyens, plus remuants, pour se débarrasser de l’inconfort, de la pression et de la douleur. De toutes façons, le cheval sera à rééduquer  (et ce n’est pas toujours possible!),  le cavalier… à tuer… à primo-éduquer, en admettant qu’il le désire et le couple à re-construire. Que de temps perdu et de bonne volonté gâchée; quand le cheval n’est pas complètement brisé…

Le deuxième cas à présent. Nous voyons un cavalier de bon niveau et nous nous attendons à ce qu’il sache communiquer un minimum avec sa monture. Dans sa prime jeunesse, il a dû être fan de Robert Redford, rêver d’être Alec sur son étalon noir, envier l’héroïne d’Heartland… sauf qu’à présent, puisqu’il est bon, il brigue les meilleures places en concours. Alors, il s’entraîne et prend des cours. On lui explique qu’en concours, la bouche ouverte est sanctionnée, tout comme l’appel de langue ou la parole du cavalier. Il apprend donc à se taire. Puis, puisqu’il ne peut pas être sûr que son cheval gardera la bouche close, il se renseigne. On lui vante les mérites de la muserolle pull-back ou autre invention exotique. Consciencieux, il se procure un filet (ou une bride) équipé de « la chose ». Il sait que cela est censé limiter l’ouverture de la bouche et doit pouvoir laisser passer deux doigts adultes (ou 3 pour la pull – back puisqu’effet de poulie puissant) mais puisqu’il faut à tout prix que la bouche de Dada XIV reste fermée, il serre l’instrument au maximum, histoire d’être sûr, voire, rajoute un noseband!  Et… c’est la fin des carottes. Le cavalier ne parle plus, le cheval ne sait plus montrer que quelque chose coince ni échapper aux actions de main malhabiles ou trop intenses et s’il ralentit, se retient, s’arrête: il y a toujours les éperons! Grrrrrrrrrrrrrr! Bref, la communication, ce vague truc essentiel en équitation, est coupée. Vous le voyez, vous, le problème?

Muserolle_combinée_détail

Muserolle combinée bien serrée: on peut admirer l’effet « cloue-le-bec » – Image Wikipedia

Ces deux cas, avec quelques variations de matériel, sont pourtant monnaie courante. Si courante que les mors et muserolles font partie du panel « fashion » de certains fabricants. Cherchez donc « mors bizarre » ou « muserolle tendance » et vous serez édifiés. A la base, la muserolle a bien un but de contention et esthétique. En effet, elle fut utilisée par certains cavaliers pour corriger les défauts de mise en main de chevaux pas éduqués et certains anciens, n’appréciant pas le profil busqué de leurs chevaux baroques l’affinèrent au moyen d’une bande de cuir qui passait sur le chanfrein.  Il n’était pas question de la serrer pour fermer la bouche ni limiter les mouvements de tête du cheval, encore moins pour la placer de force.

Diantre! Mais comment pouvaient-ils dresser leurs chevaux? Jusqu’à la haute école, qui plus est? Etaient-ils magiciens? :p Vous riez mais quand on voit le nombre de chevaux qui portent inutilement une muserolle serrée à faire éclater le cartilage du nez, on est en droit de s’interroger. Je me suis laissé dire qu’en fait – ils n’étaient pas c**** ces vieux schnoks – ils apprenaient d’abord à tenir à cheval, ensuite à monter un cheval éduqué, ensuite à éduquer un jeune cheval et enfin à mener leur partenaire jusqu’aux airs relevés. Etrange, tout cela s’est fait sans muserolle pendant longtemps.


« Oui mais le mien il ouvre tout le temps la bouche! C’est impossiiiiiiiiiiiiiible sans la lui fermer! »

« Oui mais la mienne elle est vraiment nerveuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuse! Si je l’enferme pas, elle pète en l’air pour rien! »

« Oui mais on est pas chez les Indiens / Bisounours / Cow-boys ici! »

« Oui mais ça (pull-back combinée) c’est une VRAIE muserolle de dressage! »

« Regarde! Tu lui a pas mis de muserolle … Hé ben, il ouvre la bouche !  » 

« Oui mais sans ça il se place paaaaaaaaaaaaaas! »

« Ho, ça? (muserolle mexicaine ajustée court) C’est pour faire joli! » 

« ça? (noseband) Il était vendu avec le filet, je trouve ça fun! »


Si les arguments modesques sont le fait de personnes qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leurs bottes, les choix dictés par la peur, l’impatience et l’ignorance sont tout aussi délétères. Malheureusement, beaucoup de cavaliers ne font qu’obéir à leurs enseignants, ce qui semble plutôt normal. Seulement, les professeurs à même de transmettre les valeurs et fondamentaux de l’équitation de tradition française ( ou portugaise, les problèmes sont sensiblement les mêmes) ne courent pas les rues et leurs tarifs ont de quoi décourager le cavalier de club moyen. En plus, sans son propre cheval c’est soit bien plus cher soit pas possible. Si on ajoute la notion de feeling prof/élève alors…

Quant à l’argument « Oui mais tous les pros montent avec ça… », il est facilement démontable. Premièrement: c’est faux. Deuxièmement: depuis quand les cavaliers de loisir sont-ils des professionnels aguerris? Troisièmement: quand on utilise un instrument qui agit, parfois très durement, sur un être vivant on doit savoir à quoi il sert et connaître son mode d’action afin de pouvoir juger de sa pertinence sur tel ou tel cheval et pour tel ou tel travail! L’équitation n’est pas une recette de cuisine à la mode qu’il suffit de reproduire dans les mêmes plats que le dernier Chef en vogue pour la réussir! N’en déplaise à certains forums foireusement équestres.

« Oui mais c’est vrai tu sais, il ouvre la bouche! » 

Ok c’est sûrement vrai. Cependant, la bonne réaction n’est pas de le faire taire Illico mais d’écouter ce qu’il a à dire. Si Dada XIV ouvre la bouche tout grand dans les transitions descendantes, la demande est peut-être trop dure? Si Loulou XXIII se transforme en crocodile dès le départ au galop, peut-être a-t-il mal quelque part? Ou bien le confondez-vous avec un agrès de musculation? Ou autres causes attachées au cavalier qui pourront disparaître avec un peu (beaucoup?) de volonté.

Il existe aussi le cas du cheval qui a appris à fuir la main et qui reproduit cette défense autant qu’il peut puisqu’il a compris que comme cela le cavalier est impuissant. C’est alors à un professionnel compétent de le remettre sur le droit chemin avec, peut-être, l’aide temporaire de l’une ou l’autre muserolle. En aucun cas, les muserolles coërcitives ne constituent une solution sauf pour ceux qui les vendent. N’oubliez pas non plus qu’un cheval qui « pète en l’air pour un rien » vous dit aussi quelque chose et que ce n’est pas une lanière de cuir, aussi serrée soit-elle, qui vous protègera d’une éventuelle chute.

Et pour ceux qui voudraient placer leur cheval artificiellement, je vous suggère de réviser vos classiques et de vous armer de logique, rigueur, patience ainsi que d’un BON professeur ou alors prenez une moto!

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le sujet, voici un article de J.M Rousseaux, écuyer de Saumur, une réflexion du blog Demi Volte Face et un article qui relate une récente étude des effets du serrage de la muserolle sur l’excellent blog Alter Equus avec les conclusions ici. Et pour un tour d’horizon de la violence ordinaire dans le monde du cheval, allez donc visiter le blog réflexif Podologie équine libre.

Convaincu ?

La critique est facile, l’art de faire est difficile et la réflexion se construit. Chaque cavalier vit son chemin équestre de façon unique et personnelle. Mon but n’est pas de vous transformer en adepte du « rien avec rien » mais plutôt d’amener votre attention sur l’état  d’êtres vivants, ressentants et communicants de nos compagnons chevaux.

Si votre cheval est impossible/n’avance pas/ne se place pas… posez-vous la question de la muserolle. Faites un essai muserolle-free et notez votre ressenti. Avec certains chevaux très près du sang, l’effet est quasi-magique. Avec d’autres, il est moins spectaculaire mais le travail s’affine et se décontracte au fil du temps et le couple finit part évoluer en légèreté comme il aurait dû commencer =) Rappelez-vous le rôle de la déglutition et de la décontraction de la mâchoire…

Conclusion

Le choix d’équiper un cheval d’une muserolle n’est pas anodin. Modèle et règlage se réfléchissent et demandent connaissances et expérience. Quand le cheval dit « non » il vaut mieux, pour moi, l’écouter et réagir en conséquence plutôt que le museler au risque de le blesser définitivement à force de contraction physique et mentale et quand nous ne comprenons pas ses refus, adoptons deux réflexes :

  • Appelons notre professeur
  • Privilégions le plus simple

Comme dirait un certain vétérinaire allemand: « In dubio pro equo »

 

 

4 réflexions sur “Lâchez-lui la grappe!

  1. Pingback: Lâchez-lui la grappe! – horseshintsdotcom

  2. Brrr, toutes ces images! Ca retourne!

    Je ne peux qu’être d’accord avec toi. De mon côté, je voulais monter 100% en side-pull. Seulement j’ai « un peu » galéré, et une mono m’a conseillé de passer au mors pour affiner mes aides. J’avoue que le résultat était d’un coup plus intéressant. Mais après, elle a voulu lui ajouter la muserolle… Une française, pas serrée (enfin… à 2/3 doigts hein!).

    Mais là, je vais reprendre, et je sais que je vais virer la muserolle à mon cheval. Je vais virer le frontal aussi (au vue d’un autre article que j’ai lu). Je garde le mors simple pour le moment, pour voir ce que ça donne « sans muserolle ». J’espère par la suite revenir au side pull, mais en ayant le sentiment d’être bien plus légère dans mes demandes (à l’heure actuelle, je me sent trop lourde).

    Bref, toute une réflexion pour voir ce qui convient au cheval et ce qui me permet de le bosser dans le bon sens, pour qu’il soit bien dans sa tête et dans son corps. Malheureusement, il est plus que dur de trouver des moniteurs qui sont dans cette optique. On a vite fait de nous faire mettre des enrênements, et ci et là… 😦 Du coup, je teste, en espérant ne pas trop embêter mon loulou 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour « Linstant Equin » et un tout grand merci pour ce méga-commentaire! 🙂 ça fait plaisir 🙂 Et merci aussi pour le partage d’expérience.

      Pour le re-passage en side-pull, pour moi, c’est « pareil » qu’en mors, ou ça devrait l’être: tous les exercices, transitions, courbes, déplacements latéraux, etc… doivent être obtenus au maximum grâce à l’assiette, au dos, puis aux jambes et enfin, en dernier recours, avec l’aide des mains. Bon, là, je parle d’un cavalier déjà fin et d’un cheval moyennement avancé dans son dressage. Bon, cela demande une assise profonde, des jambes descendues, de la stabilité,… bref, tout le panel qu’on se rabâche chaque jour et qu’on tente d’atteindre à son rythme 🙂 Le travail de la technique « western » peut aussi t’aider à trouver de la finesse et surtout à travailler avec ton corps plutôt qu’avec tes mains. A condition, encore une fois, de trouver le professeur qui , à la fois, connait son job et à la fois, prendra le temps de vous connaître ton cheval et toi. Et s’il a un cheval déjà fait qui puisse t’apprendre, ce serait encore mieux.

      Pour l’ajout de la muserolle, là, a priori, pas d’accord. Ton cheval se défendait-il en ouvrant la bouche « tout le temps » ou ouvrait-il la bouche quand tes demandes étaient maladroites? Ou bien vises-tu les concours ? Dont les règlements obligent au port d’une muserolle (française au minimum)? Dans ce cas, ta mono veut peut-être « habituer » ton cheval à la muserolle décorative? Ou alors, as-tu des problèmes de « contrôle »? (Qu’on ne règle pas avec une muserolle mais bref…) Pour le frontal, sans c’est pas mal, après, j’avoue un faible pour les frontaux anatomiques en V ou en vague, bref, le truc décoratif aussi.

      J’admire ta recherche et ton visible bon sens. Même s’il est dur de « juger » sans voir « en vrai ». 🙂 Pour ce qui est d' »embêter ton loulou »… Si tu passes d’une méthode à l’autre d’un jour à l’autre il sera vite perdu. Si c’est réfléchi et progressif avec de la remise en question , de l’encadrement et de la curiosité (ce qui semble être le cas pour toi) tu ne l' »embêteras  » pas. On va pas se mentir, bosser n’est pas l’idée du paradis qu’ont nos chevaux mais ils peuvent y prendre plaisir. Et tester différentes visions, disciplines, techniques, matériels, permet aussi d’évoluer, même quand on se rend compte à la dixième minute que « ça va pas du tout » :p Au moins, on le sait! Et puis, cela fait aussi varier les séances. Pour garder l’intérêt de son cheval c’est plutôt pas mal, non?

      Pour finir: les enrênements (faudra que je fasse une série sur ces choses-là aussi)… personnellement (et ça n’engage que moi) je les refuse catégoriquement. La seule fois où j’ai accepté d’en utiliser (un élastique bouche-sangle) il n’a servi à rien à part à braquer mon cheval, et je me prouve tous les jours et à chaque nouveau cheval que je fais un excellent travail sans. Cela me prend 3 mois ou d’autres mettraient 6 semaines mais au bout des 3 mois, j’ai un cheval qui se porte tout seul, qui est toujours frais et qui se porte (ou se re-porte) en avant de bonne grâce. Tant pis pour la case rentabilité, puisque pour moi, la seule chose vraiment importante c’est le bien-être du cheval, même s’il travaille (et même surtout).

      Je sais d’expérience que trouver les bons professeurs dans sa région, avec une optique semblable à la tienne et dans un budget tenable à long terme relève du parcours du combattant. Je ne peux que te souhaiter de trouver la ou les perles rares. Et puis, un prof te fera avancer à un moment et un autre à une autre période. As-tu déjà essayé de travailler à pied (en filet, technique « classique »)? Avec le bon accompagnement c’est un biais assez efficace pour expliquer les choses aux chevaux; Et nul besoin de vouloir piaffer pour s’y mettre!

      Pour finir, je dirais que muserolles, enrênements, mors « méchants », ont tous été inventés pour pallier aux défauts de l’homme bien plus qu’à ceux du cheval. Je me mets donc toujours en cause avant le cheval.

      Oui, ok, une méga réponse juste pour te dire que je suis d’accord avec toi hi hi hi

      A bientôt par ici ou sur ton propre blog

      Horses HInts

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  3. J’ai mis un peu de temps à répondre à ta réponse :p J’avais trop peu de temps, donc bof de répondre à la va-vite!

    Comme tu dis, je ne change pas tous les jours de méthode 🙂 En fait, j’essai de m’adapter à ses réactions, j’essai de le comprendre. Je l’ai depuis qu’il a 6 mois, j’ai fais son éducation à pied, j’ai fais son débourrage et tout c’est très bien passé (je suis trèèès loin des chevaux qu’on voit en mode « rodéo » lors de leur première mise de selle ou de cavalier sur le dos, et j’avoue en être contente 🙂 ). Du coup, je ne change pas du coq à l’âne (je passe pas du western au classique à l’étho le lendemain), j’essai de suivre une logique, et de l’adapter en fonction de ce que je vois : par exemple j’avais du mal à le longer correctement, j’ai pris des cours et hop, magie… D’un coup plus de problème et un cheval qui pige tout… Le genre de moment où on voit que c’est nous, en tant que cavalier, qui ne comprenons pas, et non notre cheval!

    Du coup, par ricochet… Ca répond un peu à la question du passage au mors, ou à la muserolle : ma monitrice m’a conseillé d’en passer par le mors pour pouvoir travailler de façon plus précise à cheval : après elle est 100% classique et à un super niveau, je vais être honnête, je la trouve géniale. C’est juste qu’il manque peut-être cette nouvelle approche de l’équitation sans mors… C’est le point négatif pour ses cours! En side-pull… Je soucis c’était surtout le manque de direction. Après, on va être honnête : je ne suis pas grande cavalière, je n’ai pas toujours le corps bien comme il faut! Mais du coup, l’ajout du mors était là pour aider à me faire comprendre de mon p’tit jeune, pour qu’on puisse avancer en dressage classique. Il n’a été mis qu’après le débourrage. Mais j’aimerais m’en passer et je pense que je suis trop vite tombée dans la facilité du « je met le mors et basta »…. Comme tu dis, la position du cavalier est hyper-importante, et je devrais me concentrer là dessus!

    Pour la muserolle, elle l’a mis juste car des fois il ouvré un peu la bouche, sur certaines de mes actions. Là encore, pour elle, lui fermer la bouche ça aide le cheval à apprendre à « mâcher son mors » et à travailler avec… Mais moi ça m’embête car du coup, comment voir que nos actions de mains sont trop gênantes? On doit attendre le coup de cul? Bof bof…

    Travailler à pied, en filet, je ne l’ai jamais fais : pour moi c’est une erreur. Mais voilà, j’ai été incapable de trouvé une personne pour le l’enseigner 😦 De peur de faire n’importe quoi, je ne l’ai pas fais… Mais je pense recommencer à me renseigner cette année, car pour moi, ça aurais été plus logique de faire l’apprentissage du mors à pied, avant d’être à cheval… Bref, pas évident de se faire aider quand on a une vision des choses un peu précise…

    Aimé par 1 personne

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