Sortir de sa zone de confort

Chers Lecteurs,

Selon l’ami Wikipedia, « la zone de confort est un état psychologique dans lequel une personne se sent à l’aise. Dans cette zone, elle peut garder le contrôle tout en éprouvant un faible niveau de stress et d’anxiété. Dès lors, un niveau constant de performance est possible. » […] ou comme « l’espace où notre incertitude, le manque et la vulnérabilité sont réduits au minimum et où nous croyons que nous aurons accès à suffisamment de nourriture, d’amour, d’estime, de talent, et de temps. Où nous avons le sentiment d’avoir un certain contrôle.« 

Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette fameuse « zone de confort » que nous dépassons tous difficilement. Cette zone du « connu » dans laquelle nous évoluons habituellement. Quelqu’un vous a même peut-être déjà invité à en sortir. Oui mais voilà, cette zone dite « de confort » n’est pas forcément confortable au sens propre du terme et puis, nous n’avons pas forcément conscience des barrières qu’elle dresse autour de nous. Voici donc un petit bijou en vidéo qui, en images, vous aidera sûrement à y voir plus clair.

« C’est vrai que je monte le même cheval depuis dix ans mais c’est le mien, alors ? En plus, il n’est pas évident! Tu parles d’un confort! » « C’est vrai que je pratique presque exclusivement le saut d’obstacles mais c’est quand-même ma discipline préférée et ça nous fait du bien une activité vraiment sportive! » « C’est vrai que je n’aime pas le dressage, en plus, Kiki il comprend rien quand on tourne en rond dans un manège et il s’ennuie, alors on fait que se balader… à cru parce qu’il supporte pas qu’on le sangle »…

Toutes ces petites phrases ne vous inspirent-elles pas une petite pointe d’agacement ? Une petite gêne aux entournures ? Un petit goût de peu ? Elles ont en tous cas toutes un point commun : leur auteur semble satisfait de ce qu’il a, de ce qu’il fait et ne manifeste aucune envie de changement. Gardons-nous de porter aucun jugement car nous passons tous par ces périodes de stagnation où nous sommes très contents du présent et où nous n’envisageons aucun effort supplémentaire.

Satisfaits ? Vraiment ? Pas si sûr. J’ai connu beaucoup de cavaliers (et espère en connaître encore beaucoup d’autres) et parmi ceux qui semblaient satisfaits ou résignés à leur sort, un certain nombre me paraissait bien plus contenu par diverses espèces de peurs que par un véritable sentiment de plénitude dans leur vie et pratique équestres.

Nous voyons arriver ici un « hic ». Les cavaliers qui souhaitent ardemment évoluer et qui ont déjà dans leur caractère une base aventureuse sont largement avantagés par rapport à ceux qui seraient plus frileux face aux expériences nouvelles. Toutefois, si ces derniers ont l’honnêteté de reconnaître ET de partager avec leur entourage leurs désirs et les craintes qui y sont liées, ils parviendront, avec l’encadrement adéquat, à larguer toutes les amarres qui les retenaient à quai (parfois depuis des décennies). Par contre, il est plus délicat d’apporter un semblant d’aide aux cavaliers qui ne reconnaissent pas leurs peurs ou qui refusent de les avouer. Certains professeurs ont une étonnante capacité à deviner et faire remonter à la surface les blocages enfouis de leurs élèves avec un tact qui touche à la magie, d’autres en sont incapables et beaucoup ne s’en soucient pas. Peut-on, du reste, exiger de tout professeur d’équitation des compétences d’accompagnement psychologique poussées? J’en conclus qu’il appartient au cavalier lui-même de gérer sa « carrière » équestre et de se montrer le plus franc possible envers lui-même, son cheval et son/ses professeur(s).

– Ok, je suis conscient de stagner. Je reconnais que mes efforts pour sortir de mon petit cercle connu sont limités voire proches de zéro. Je reconnais aussi avoir peur de monter un cheval inconnu / sauter / sortir en balade / crosser … (biffer la mention inutile) et / ou porter certains préjugés envers l’équitation de travail / spectacle / éthologique … (biffer etc… ) A présent, je souhaite que cela change. Comment faire ?

Tout d’abord, toutes nos félicitations ! Vous êtes bloqué à un endroit ou à un autre, vous le savez, le reconnaissez et désirez avancer. Vous venez de franchir l’étape la plus importante.

Quand on a pas un naturel « kamikaze », sortir de sa zone de confort est véritablement difficile. Cela demande un investissement intellectuel et émotionnel important et dans le cas de l’équitation, le corps doit lui aussi parfois changer de mode fonctionnel. Il faut donc se préparer à « souffrir »: se sentir malhabile, avoir l’impression de ne plus savoir monter, être épuisé après 30 minutes d’exercice, découvrir de nouveaux muscles et de nouvelles émotions, appréhender de nouvelles théories, de nouveaux concepts, apprendre de nouvelles règles … bref, être prêt à mouiller sa chemise inonder ses boots autant que son casque.

Attention, pour sortir de sa zone de confort, il suffit parfois de peu. Inutile de changer de personnalité et de s’imaginer gagner les JO en CCE si l’on est randonneur de vacances. Simplement, en restant soi-même, se donner un nouvel objectif et les moyens de l’atteindre est amplement suffisant.

Prenons l’exemple de « Kiki » cité plus haut. Le cavalier monte à cru et, bien que cela semble lui plaîre, il sait que ce n’est pas top pour son cheval ni pour lui-même et question sécurité en extérieur… bof, bof.  Sortir de sa zone de confort, pour lui, pourrait être de décider de régler ce problème de sanglage. Il lui faudra pour cela se renseigner sur les causes du souci et les différentes méthodes permettant de le solutionner, chercher un encadrant si besoin, et passer sans attendre à la pratique. Sans doute cela lui apportera aussi certaines connaissances quant au choix et à l’adaptation d’une selle au dos d’un cheval et au fessier d’un cavalier. Cela lui semblera difficile mais quand il sortira pour sa promenade hebdomadaire, confortablement installé sur le dos de son cheval qui n’aura pas bougé au sanglage, peut-être accompagné de nouveaux copains cavaliers rencontrés au cours de ses recherches… il goûtera tout le bénéfice de sa démarche.

Pensons maintenant au cavalier « d’un seul cheval ». En effet, un cavalier de loisir propriétaire n’a souvent qu’un (ou deux) cheval personnel auquel il donne toute son attention, son temps et son argent. Il rencontre souvent des problèmes de comportement avec ce cheval ainsi que des imperfections techniques. C’est tout à fait compréhensible.  Ce qui l’est moins c’est de voir ces problèmes ancrés depuis longtemps et totalement et volontairement ignorés. Cheval littéralement insupportable à pied, cheval contracté au travail, cheval « embarqueur », cavalier indifférent ou résigné à subir les évènements inévitables selon lui. Imaginons un instant que ce cavalier rencontre – je dis bien rencontre et non monte ou essaie car un cheval n’est pas une moto – d’autres chevaux. Imaginons qu’on lui présente, parmi ces chevaux, un cheval aux qualités égales à celles de « son » saboté et au tempérament similaire mais agréable à pied, souple monté, sage en extérieur. On ne perdrait pas sa main en pariant que le cavalier nierait pouvoir atteindre ce résultat avec sa propre monture parce que, vous comprenez, « mon cheval est comme ça« . Là est sa zone de confort. Il a déterminé son cheval comme un animal difficile (ou pas facile) et ne voit pas comment il pourrait en être autrement. Il a d’ailleurs établi entre eux un mode de fonctionnementet et de communication particulier qui maintient le couple au même stade. Au moins, pas de nouveauté. Pas de conflit ouvert et aucune possibilité d’atteindre un niveau supérieur qui l’obligerait à se confronter à de nouveaux obstacles. Dans ce cas-ci, si le cavalier souhaite progresser, il devra, pour commencer,  proposer un nouveau mode relationnel à son cheval, ce qui suppose que lui-même devra modifier certaines de ses attitudes et réactions. Au bout du chemin ? L’épanouissement de l’homme, de l’équidé (ou du moins son respect et son bien-être) et une belle progression pour le couple, sûrement supérieure à ce que l’homme espérait atteindre.

Enfin, le cas tout aussi courant, du couple qui fonctionne bien, cheval et cavalier bien dans leur peau, qui évoluent dans leur discipline favorite sans trop se poser de questions. Pourant, le cheval se montre souvent distrait, quelques problèmes techniques apparaissent sans qu’on y prête une grande importance et quand on le fait, on les résoud avec les méthodes déjà éprouvées. Quelque part, outre la stagnation, l’ennui s’installe chez les deux partenaires. Quoi de mieux alors que de dépasser les habitudes et d’aller chercher ailleurs ce qui pourrait améliorer voire épicer le quotidien ? Réaliser que le cheval aime travailler avec les vaches ? Qu’il adore les jeux types « poney-games » ? Que le cavalier apprécie le TREC ou le trail ? Corriger un vilain défaut bien ancré grâce au regard objectif d’un nouveau professeur ? Apprendre qu’il existe d’autres façons d’envisager le cheval et l’équitation et les tester ?

Finalement, je vois deux grandes motivations principales pour sortir de sa zone de confort : les problèmes à résoudre et l’ennui qui nous poussent à exercer notre curiosité.

Alors, Chers Lecteurs, quelle sera votre prochaine expérience inédite ? Quel rêve allez-vous réaliser ?

A bientôt,

Horses Hints

 

8 réflexions sur “Sortir de sa zone de confort

  1. Pingback: Sortir de sa zone de confort – horseshintsdotcom

  2. Chouette article 🙂
    J’ai directement pensé à ce que j’aimerai beaucoup faire, mais qui me fait terriblement peur. Il y a pas loin de ma pension un espace dégagé en forêt. J’aimerai beaucoup y travailler comme si il s’agissait d’une grande carrière… Mais voilà, avec mon (jeune) cheval, je n’en suis qu’au début des sorties en -extérieur… 😉
    On va dire que j’en suis au stade où je reconnais avoir peur, et je travaille sur des (modestes) sorties en extérieur…

    Aimé par 1 personne

    • Bonsoir Galopine 🙂 Merci pour ta lecture et ton commentaire!
      Un bien joli projet tout à fait réalisable 🙂 Ton point de travail serait donc la confiance en toi et ton cheval. Peut-être la confiance en lui de ton cheval aussi, (sans connaître je ne peux rien dire évidemment). Courage! Etape par étape. Et si tu procèdes avec rigueur, dans pas si longtemps vous galoperez tout léger dans la clairière. C’est ce que je te souhaite en tous cas!

      A bientôt!
      Horses Hints

      J'aime

  3. Sympa cet article !
    Je suis plutôt touche à tout . Bon en ce moment je ne monte pas donc déjà je ne peux pas vraiment changer mon équitation 🙂
    Mon plus gros problème c’est la confiance, autant en moi qu’en Sirène . Mais de base , on saute, on fait du dressage, de la ballade ( à pied comme à cheval)… J’ai envie de sortir en CSO, de tenter un TREC, de faire des jeux de Pony Games, voir si j’arrive à attraper un ballon de Horse Ball sans que Sirène flippe, travailler sans mors, travailler une reprise de dressage en bride etc… Le tir à l’arc à cheval me tente aussi . Au final je crois que la seule discipline qui ne m’intéresse pas c’est la voltige 🙂
    En fait pour sauter le pas il faudrait juste que je remette le pied à l’étrier 😉

    Aimé par 1 personne

    • Merci Alienor 🙂

      C’est super le « touche-à-tout » parce que finalement c’est ce qui ouvre le plus d’horizons 🙂

      La confiance… vaste sujet. Parfois il est plus facile d’avoir confiance en son cheval plutôt qu’en soi-même, parfois il faut d’abord se faire confiance avant d’en accorder au dadou… Un chemin très personnel que je te souhaite de parcourir assez vite car monter « en paix » augmente le plaisir, les performances (même si on ne concourre pas) et la relation 🙂 J’en reparlerai sûrment dans de prochains posts!

      Bon, j’espère que tu es à pied pour des raisons pas trop graves quand-même et que tu pourras t’y remettre bien vite! Rien de tel que la pratique :p

      A bientôt!

      Aimé par 1 personne

  4. Excellent article, j’adore ! Et puis c’est bien vrai d’ailleurs, tu décris tout ça à la perfection.
    Je me suis toujours fixé comme objectif et faire mieux mais aussi d’aller voir dans le pré d’à côté ce qu’il s’y passe et je dois dire que ça me réussit plutôt bien. Ce n’est pas toujours facile, parfois ça prend du temps ou il faut réussir à réunir pas mal de courage mais ça en vaut le coup à 99% !
    En contre-partie, j’ai du mal à rester vraiment tolérante et à ne pas m’agacer contre ceux qui ne bougent pas d’un iota et qui me disent « Oui mais tu vois… [insérer ici une quelconque raison]. »… Du coup c’est moi parfois qui devient agaçante. xD

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    • Bonjour Hegozaldi! Merci pour ta lecture et ton commentaire 🙂 Pas mal de bloggeurs semblent appartenir à la catégorie des gens curieux qui se retroussent les manches et c’est vrai que, comme toi, je développe une intolérance à l' »immobilisme débile » :p Agaçante ? Oui, j’avoue, ça doit être lourd de m’entendre répéter que « tout » est possible si on le veut vraiment … Tellement vrai pourtant et les chevaux me l’ont déjà si souvent prouvéi Alors, surtout, SOYONS AGAçANTES 🙂 Et bienvenue au club des curiositos évolutionnis.

      Aimé par 2 people

  5. Pingback: A piece of … western riding | Horses Hints

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