« A la recherche de l’équilibre » – Dr. Gerd Heuschmann – 2016 – Partie II

Chers Lecteurs,

Fin d’été, je vous présentais Gerd Heuschmann au travers de sa dernière publication équestre et vous promettais un deuxième article axé sur la définition de ce fameux équilibre et d’autres joyeusetés qui paraîtront dans un troisième et dernier article au vu de la longueur de celui que vous vous apprêtez à parcourir. A chaque jour suffit sa peine dit-on 😉

Je suis parfaitement consciente que de nombreux cavaliers accordent peu de crédit à cet auteur pour cause de réputation floue, conflit avec P. Karl, et vision de l’équitation diamétralement opposée à l’équitation courante en France et en Belgique, qui se dit « classique » mais se trouve en total conflit avec les préceptes de cette grande institution qu’est l' »Equitation de Tradition Française »… pour plus de renseignements, je vous renvoie à l’étude de cette équitation et de ses auteurs célèbres … et moins connus. Ha, puiser directement à la source vous sera bien plus profitable que de boire les interprétations de Prof Sérieux, Copine Bien Intentionnée, et Bloggeuse Que J’Adore Suivre 😉  Quoi que pour Prof Sérieux, on peut espérer, s’il a un peu de bouteille, de jugeote et de passion, qu’il pourra vous aider à appréhender et appliquer certains principes… Bref, je m’égare.

Pour ma part, je vous présenterai ici ce qui m’est apparu cohérent avec mes propres expériences ainsi que ce qui a particulièrement attiré mon attention. Patience ! Avant cela, je souhaite vous rappeler que l’ouvrage doit être lu dans son contexte : l’équitation allemande actuelle. C’est cette équitation et les nombreuses observations qu’il en a faites, qui ont conduit la réflexion de G. Heuschmann. N’oubliez jamais, amis lecteurs, de placer vos lectures dans leur contexte au risque d’en perdre la principale substance, de les interpréter par des biais inadaptés voire.. de ne pas les comprendre du tout et de vous trouver devant une impasse. Gardez votre esprit critique mais toujours en mettant en rapport le contexte de l’ouvrage que vous lisez, la vision de son auteur, son but… avec les vôtres. Ainsi vous pourrez mieux voir pourquoi ce qui vous choque … vous choque et dans quelle mesure cela pourrait infirmer ou confirmer vos propres convictions et pratiques.

Equilibre : tentative de définition

Aussi bien Heuschmann, que Beaupère, qu’Oliveira, que Baucher, que d’Orgeix…et al. font de l’équilibre un point central de leur enseignement. Aussi bien équilibre du cheval qu’équilibre du cavalier. Bon sens ne peut leur donner tort. Mais qu’entend-on par ce mot?

Pour le Larousse (commençons simplement): »Equilibre, du bas latin « aequilibrium » , du latin classique equus – égal et libra – balance. Soit :

  • État de repos, position stable d’un système obtenu par l’égalité de deux forces, de deux poids qui s’opposent: mettre les plateaux d’une balance en équilibre. « 

J’aime assez cette première description car les plateaux de la balance peuvent renvoyer à une représentation simple et largement répandue : le cheval au naturel porte 60 % de son poids sur l’avant-main et 40 % sur l’arrière-main et c’est par un dressage bien conduit qu’on l’amènera à « reporter » du poids sur l’arrière-main afin d’alléger l’avant et d’améliorer ainsi son équilibre, sa force et sa maniabilité. Au naturel, le maintient de l’équilibre est assuré également par le balancier de l’encolure.

Quelques lignes plus bas, monsieur Larousse nous dit encore:

  • « Etat de quelqu’un, d’un animal qui maîtrise sa position et ses mouvements, qui ne tombe pas: avoir peine à garder son équlibre. « 

Si l’on mêle ces trois approches, on obtient ce qui suit quant à l’équilibre naturel du cheval: capacité du cheval, au naturel, à se porter grâce à la répartition particulière de sa masse  entre son avant et son arrière-main, à la force de ses quatre jambes et au rôle de balancier de son encolure. On voit qu’il n’a pas besoin d’appui sur un mors ou de rentrer le menton sur le poitrail… 

Cet équilibre naturel permet au cheval de se déplacer à volonté, de réaliser des changements d’allure et de direction sans se casser la figure. Or, quand un homme monte sur le dos d’un cheval, cet équlibre naturel se trouve compromis. Le cheval contracte notablement le dos ce qui impacte la mobilité de son encolure, la décontraction de sa nuque et … toutes ses allures.

Tout le challenge, comme vous le savez, sera d’aider le cheval à retrouver cet équilibre (et ensuite le dépasser, au niveau supérieur) quand il aura un cavalier sur le dos et ce, par un entraînement adapté. Lorsque le couple pourra se déplacer aux trois allures avec une répartition presque égale de la masse entre avant et arrière, dans un bon rythme et dans la décontraction, on parlera d’équlibre horizontal ou d’équilibre de base. C’est à partir de celui-ci que tout le dressage pourra se constuire. C’est-dire s’il constitue bien le point central de l’équitation ! 

Au centre de ce point crucial, selon Heuschmann, lui même inspiré par Bürger, Otto de la Croix et Von Holleuffer , nous trouvons le dos actif comme condition essentielle (de l’équilibre ndlr).

Le bon dos de l’histoire

Hé oui. Nous sommes des milliers à poser nos fesses plusieurs fois par semaine sur le dos de nos chevaux et nous ignorons parfois même jusqu’à sa structure et son rôle. Le précédent ouvrage d’Heuschmann portait largement  sur cette structure-clé du cheval. Voir l’excellent article D’un cheval l’autre qui lui est consacré. Il se contente, dans ce second opus, de rappeler les fondamentaux :

  • le muscle long dorsal est un muscle du mouvement destiné au déplacement au au maintien de la position dans le mouvement. Il n’est pas conçu pour porter le poids du cavalier Il est relié par le muscle grand dorsal à l’avant-main et à travers le muscle fessier superficiel à l’arrière-main. De cette façon il et impliqué dans le rythme du mouvement et ne peut pas se dissocier. (in Udo Bürger, L’Equitation accomplie, Edition Paul Parey, Berlin et Hamburg, 1959)
  • Le squelette du tronc, avec son système ligamentaire dispose d’une très grande stabilité passive et est en mesure de porter une grande masse sans se casser. Cette structure fondamentale formée par le squelette et les ligaments puissants sert de point d’ancrage pour la musculature du tronc. Chez un cheval en mouvement, celle-ci devrait travailler activement, puissamment et en souplesse surtout poru exécuter un mouvement avec élégance et impulsion (in Dr. Gerd Heuschmann, A la recherche de l’Equilibre, Ed. Belin, 2016)
  • Nous avons déjà tous entendu parler de chevaux à dos faible qui ont du mal à porter leur cavalier ou de chevaux à dos trop fort qui produit des foulées courtes et abîme les membres voire d’un dos assez faible qui est souvent associé à une grande activité des antérieurs. Pourtant, ce qui est à l’orgine de l’activité du dos en mouvement, c’est le travail des muscles dorsaux. (théorie des oscillations de Von Holleuffer)

 

Dans le dernier article, nous verrons quelques problèmes liés à une mauvaise gestion de ces fameux muscles dorsaux, quelques pistes de rééducation ainsi que quelques points cruciaux dans la formation du cavalier.

 

A bientôt!

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2 réflexions sur “« A la recherche de l’équilibre » – Dr. Gerd Heuschmann – 2016 – Partie II

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