Limite d’âge ?

Chers Lecteurs,

Lors de ma dernières escapade en librairie, je suis littéralement tombée nez à nez avec un livre au titre pour le moins original dont je ne souhaite pas faire la publicité mais dont il me faudra bien vous donner le sujet : que faire d’un cheval à partir de ses 14 ans ?

Là, imaginez-moi, de peau plutôt claire au naturel, passer du translucide au rouge incarnat via toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Figurez-vous que oui, il existe une semaine de la c******ie… Entre le saut monté à 2, 5 ans et la retraite à 13 ans, il existe une large gamme de bêtises diverses et variées qui se sont toutes trouvées sous mes yeux en cette semaine de Noël… Saint -Esprit où es-tu ? (mode diablesse enclenché).

Erreur de ma part, emportée par la fièvre des courses de dernière minute (et la colère, je l’avoue) je n’ai pas raflé l’ouvrage sus-mentionné. Je n’en parlerai donc pas puisqu’on ne peut bien parler que de ce que l’on connaît bien. Et puis, la surprise passée, je me suis rendu compte que le papier concernait les chevaux de compétition. Pas plus excusable de mon point de vue mais ça expliquait les fameux 13 ans, plus ou moins.

Bien, abordons le sujet de notre article: les limites d’âge dans le merveilleux monde du cheval. Alors que de multiples recherches, ouvrages et réflexions de tous bords prouvent qu’un poulain, de par sa physiologie et son mental, n’est pas prêt à porter un homme ni à travailler avec lui , on trouve encore régulièrement la question suivante sur les forums et groupes dédiés: « Bonjour, je souhaite débourrer mon cheval de 2 ans, conseils svp », déclinable à toutes les sauces, je vous épargnerai l’ équibescherelle 😉 Les réponses tournent, heureusement, de plus en plus souvent au recadrage façon prise de la Bastille. Les arguments, vous les connaissez aussi : fin de croissance vers 7 ans révolus pour TOUTES les races ce qui implique une fragilité de l’animal aux niveaux tendineux, articulaires, musculaires et osseux jusqu’à cet âge, mental « jeune » et difficulté de concentration ainsi que la liste des conséquences d’un débourrage aussi précoce: animal blasé, formaté, robotisé, fatigué, lassé (et tous leurs synonymes), retards de croissance, micro-lésions de différentes structures (et micro ne veut pas dire bénin, hum), dos et encolures endommagés à vie, etc. etc… article prévu pour 2017…

poulain1

Cependant, je sais d’expérience que quand un cavalier cherche l’approbation de ses opinions, choix et méthodes, il finira toujours par la trouver. Simple question de temps et de réseaux. D’ailleurs, il y aura toujours quelqu’un pour vous « prouver » que son cheval n’a pas souffert de son débourrage à 2 ans, que sa jument mise à la reproduction à 2, 5 ans se porte comme un charme, que les chevaux de sport sont sélectionnés pour supporter l’entrainement qu’on leur impose, que certaines races sont réellement plus précoces ou qu’un dos creux et une encolure à l’envers sont normales… et je ne parle pas ici du monde professionnel qui très souvent obéit bêtement à la loi du marché.

Cette capacité de l’homme à nier les évidences me fascine.Tout comme sa capacité à nier purement et simplement la réalité d’une espèce dont il se dit si proche…  et pourquoi ? L’impatience de la gamine qui VEUT MONTER PONEYDADOU DAMOUR pour montrer aux copines COMMENT C’EST QU ON EST BEAUX, l’égoïsme du mec qui veut atteindre « le plus haut niveau » sans se soucier d’autre chose que de lui-même, l’inconscience de gens qui achètent des poulains pour les « faire à leur main » sans savoir ce qu’est réellement une main et surtout sans la posséder sans parler de l’assiette approximative, la malhonnêteté de ceux qui s’offrent un poulain parce qu’un cheval mis est bien trop coûteux… dommage, leurs erreurs se répercuteront sur leur porefeuille déjà dégarni,… etc, etc… Oui, beaucoup de cetaera aujourd’hui.

Ho, surtout, n’essayez pas de prouver à un cavalier propriétaire qu’il a tort… si vous avez de la chance, il le reconnaîtra dans son for-intérieur mais certainement pas publiquement ou alors … il doutait déjà. N’essayez pas non plus d’influencer doucement les voisins de box… là encore, vous vous épuiseriez sans résultat et risqueriez même d’être étiqueté « emm***** de service ». Non. La meilleure méthode, je crois, est de soi-même appliquer les principes auxquels on croit, et d’en mesurer les bienfaits et bonheurs jour après jour. Vous savez, pour vendre un produit on le place bien en vue et le gadget se propage en mode viral… Pensez de même pour votre pratique et votre éthique équestres: l’exemple viral.

On ne peut pas mettre en place des limites d’âge de débourrage, de retraite, de mise à la reproduction, de début et fin de carrière compétitive (et pourtant, je ne suis pas la seule à en rêver la nuit), ni instaurer un permis de détenir-éduquer-entraîner des équidés mais on peut propager l’exemple, continuer à étudier notre animal favori, et surtout, surtout, ne jamais se laisser démonter par les expériences négatives, aussi graves qu’aient pu être leurs conséquences. De toute peine, tirez un enseignement. (ça, c’était le conseil gratuit pour Noël 2016).

Joyeux Noël à tous les cheval z’homs!

Horses Hints

 

 

14 réflexions sur “Limite d’âge ?

  1. Ben passé 14 ans autant l’envoyer à la boucherie, c’est là qu’il sera le plus rentable non?
    /Mode ironie OFF/ Il est important en effet de faire les choses comme elles nous paraissent juste, et de rester ouvert à la discussion. Pour expliquer ces choix, argumenter avec de vraies références, écouter comment les autres pensent et pourvoir apprendre d’eux et peut être aussi leur transmettre de nouvelles idées.
    Je ne suis pas forcément pour instaurer une limite d’âge ou un permis pour détenir des chevaux, parce que je n’aime pas vraiment l’idée d’enfermer notre relation avec les chevaux dans un cadre. Chacun d’eux et différents et aura, au delà des caractéristiques physiques propre à l’espèce, des spécificités et des capacités différentes auxquelles il faut s’adapter. 🙂

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    • Bonjour Vous! Merci pour la lecture et le commentaire 🙂

      Tu soulèves ici un autre point intéressant: « argumenter avec de vraies références »… Comment les repérer, les choisir, les tester, les comprendre… Un vaste programme qui demande une bonne dose d’esprit critique et de temps.. ce que beaucoup, encore une fois, n’ont pas ou ne privilégient pas. Soit, c’est Noël, alors j’appelle la paix sur le monde 😉 et prévois encore beaucoup d’articles pour tenter d’éclairer certaines zones d’ombre.

      A très vite sur nos blogs respectifs! Et Joyeux Noël!

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  2. Merci pour le conseil de Noël 🙂

    Après, sans avoir lu le livre, peut-être que l’idée c’est juste de ralentir le rythme pour permettre au cheval de vivre en pleine santé jusque 35 ans… Je ne sais pas, je n’ai pas lu li livre 😉
    Après le chiffre de 14 ans, je me demande d’où il vient. Surtout quand on est cavalière de loisir et qu’on voit des chevaux de 26 ans se comporter comme s’ils en avaient 6… 🙂

    Joyeux Noël !

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    • Bonsoir Galopine et Joyeux Noël!

      Je pense que tu tiens l’idée de base et en lisant vos commentaires, à vous Chers Lecteurs, je me dis que le livre en question finira bientôt sur ma table de nuit parce qu’après tout, même si notre rencontre fut électrique, la suite de l’histoire pourrait être moins catégorique que son prologue (hou là, c’est lisible, ça? ).

      Pour le chiffre 14, je pense qu’il correspond à une réalité d’entraînement et de compétition intensive, bien éloignée du quotidien des lecteurs de Horses Hints. Savais-tu, par exemple, qu’un certain nombre de chevaux encore jeunes part à l’abattoir chaque année pour cause d’entrainement mal conduit? (Entraînement causant des boîteries, kissing spines et autres, souvent considérées comme irrémédiables et l’argent faisant le reste… ). Le livre a visiblement été écrit dans une optique de maintient du cheval mais comme toi, j’ai pris mon pied avec des « pépés » de 26 ans et plus, qui en redemandaient… Plus d’infos suivront puisque le sujet semble intéresser un petit groupe de followers 🙂

      Merci en tous cas pour ta lecture et ton commentaire!

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  3. Chouette article, bien intéressant ! Je serais curieuse de jeter un coup d’œil à ce livre quand même : le contenu est-il à l’image de son titre ou le titre est-il simplement maladroit ?

    Je reviens juste sur deux phrases :

    « N’essayez pas non plus d’influencer doucement les voisins de box… là encore, vous vous épuiseriez sans résultat et risqueriez même d’être étiqueté « emm***** de service ». » Il faut aussi faire attention à ne pas imposer sa propre vision des choses. Si on pense savoir mieux que les autres (et c’est parfois vrai, par soucis de recherche, d’intérêt, de longues lectures !), il en va de même dans l’autre sens et celui qui a tort n’est pas toujours celui que l’on croit… 😉 Effectivement, les madames et les monsieurs je-sais-tout sont insupportables… notamment parce qu’ils sont donneurs de leçons. Effectivement, peut-être que les voisins de box sont ceux qui ont tort, qui ne savent pas (et qui, peut-être, refusent de savoir) mais c’est aussi l’occasion de se remettre soi-même en question : savons-nous mieux ou croyons-nous savoir mieux ? Parce que la différence reste de taille.

    « Non. La meilleure méthode, je crois, est de soi-même appliquer les principes auxquels on croit, et d’en mesurer les bienfaits et bonheurs jour après jour. » Voilà, là je crois que si tout le monde s’en tenait à ce principe simple, le monde avancerait beaucoup plus vite. On éviterait de se copier les uns les autres sur des principes bêtes (« Oui mais c’est truc qui l’a dit donc c’est forcément vrai ! » Ah oui, vraiment ?) et à force de réflexions personnelles, on avancerait enfin. À condition de tous mettre ses neurones et sa critique en mode ON bien sûr. ♥

    Mais superbe article, j’aime bien ce genre de réflexions ! 😀

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    • Bonjour Hegozaldi, très juste commentaire 😉 Merci pour ta lecture critique. En effet, savoir et penser savoir sont deux réalités bien différentes cependant, il existe tout de même des principes simples que j’aimerais parfois imposer effectivement, même si je me retiens… et oui, le côté donneur de leçon est pesant mais on peut en apprendre parfois bien plus qu’on ne croit de ce style de caractère, humainement parlant. Parfois difficile émotionnellement mais on a rien sans rien 😉 Bref, sans verser d’un côté ou de l’autre, je plussoie sur les neurones et le sens critique, sans oublier que, pour moi, c’est l’amour du cheval et donc le souci de son bien-être à court, moyen, long et très long termes qui doivent primer sur les ambitions du cavalier. Pensons aussi que c’est en mêlant (subtilement) les vérités des uns et des autres que l’on peut s’approcher de la réalité. J’apprécie ton petit compliment et m’appliquerai à proposer d’autres articles de ce type pour 2017, avec quelques plus… idées en cours de germination 🙂 A très bientôt et… Joyeux Noël!

      P.-S: pour le livre, je n’en sais rien … pour l’instant 😉

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      • Je suis bien d’accord ! 😉 De toute façon, dés lors qu’on prend la responsabilité d’un être vivant, quel qu’il soit, il devrait être évident (ou du moins demeurer le but premier) de faire passer en priorité son bien-être… Sans non plus verser dans les extrêmes, il me semble que moralement, ça devrait être un minimum et à ce moment-là, à chacun de tout mettre en oeuvre pour y parvenir, bien que les moyens et convictions puissent différer ! 🙂
        À très bientôt, et joyeux Noël à toi aussi ! 😀

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  4. Tiens, je ne connais pas du tout ce livre! Je regarderais à l’occasion 🙂

    Sinon je te rejoins dans ce que tu dis. De toute façon, à partir du moment où il y a une question d’argent, le bien-être animal perd facilement la bataille : les chevaux sont débourrés trop tôt car plus tôt débourré, plus tôt vendu, plus tôt parti et donc plus tôt rentabilisé… Plus tôt débourré, plus tôt ils peuvent sortir sur des épreuves en concours et donc « rapporter quelque chose ». Et puis, n’y a t-il pas un côté – qu’on retrouve aussi chez les hommes quand ils parlent de leurs enfants – « oui mais le mien à tel âge il savait DEJA faire ça »…? Du genre « au plus tôt il sait le faire, au plus il est doué/ surdoué et au plus je suis fort car MOI j’ai réussi à le mener à ce niveau-là, bien avant toi…

    Je fais parti de ces propriétaires qui ont acheté un poulain plutôt qu’un cheval : mon intérêt le plus grand c’était de pouvoir respecter un maximum mon cheval : en le prenant jeune, c’était le gage de savoir ce qu’il vit depuis tel âge, et comment / dans quelles conditions il a été travaillé et à quel âge. Cela m’a justement permis d’attendre ses 4 ans avant de mettre mes fesses dessus, et cela me permet de travailler « light » en connaissance de cause : respect du mental et du physique – autant que je peux, par rapport à mes connaissances bien sûr.

    En tout cas, l’idée qu’un cheval de 15 ans devrait être « mis au placard » ou pas loin, ça s’entends pas mal… Alors que si on respecte l’évolution du cheval, 15 ans c’est censé être un très bon âge pour eux et ils ne sont pas censé être « cassés » à cet âge-là… :/

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    • Normal, il vient plus ou moins de sortir… Pour le côté « enfant », je crois que cela dépend très fort de la culture du parent heu, du propriétaire:p Merci pour ta lecture et ton commentaire qui amène encore un nouvel angle de vue sur la question!

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  5. Arrivé au plus fort des aptitudes de ma jument, ne voulant pas trop lui demander (trop dur, j’entends), j’ai commencé à penser à la vendre à un petit cavalier qui se ferait plaisir en concours petite hauteur, pour augmenter progressivement…
    Mais on m’a bien averti, elle prend 13 ans cette année… elle est « trop vieille » parait-il…
    Alors moi, je sais ce qu’elle vaut, je la garde !
    En bref… merci pour cet article !

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    • 13 ans, suivant l’entraînement précédent, c’est le sommet: le début de la haute école, la maîtrise du saut, la maturité pour la liberté… etc, etc… le suet mérite des recherches pour en sortir quelques bafouilles 😉 et je dis: tu as eu bien raison de garder ta jument!

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  6. oh bah non le gros a 14ans l’année prochaine !
    déjà que ça m’a fait un coup de voir Nino, Ornella et Orient partir à la retraite car le Gros est en P ! ok ok il n’a pas la même carrière sportive et donc la même usure on est ok, il a donc de bonnes années de boulot devant lui !

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