L’enseignant d’équitation : un super-héros ?

Chers Lecteurs,

Aujourd’hui me vient l’envie de vous parler d’un sujet central dans le monde du cheval : l’enseignement. Pendant que certains militent pour le retour de l’Equitation de Tradition Française dans sa plus pure expression au sein des clubs de l’Hexagone (et de la FEE surtout) et que d’autres (pas tous, heureusement) profitent de la quasi absence de contrôle au pays de la frite pour donner cours de n’importe quoi à n’importe qui – je m’arrête ici, ignorant l’actualité relative au sujet dans d’autres pays – J’aimerais que nous nous penchions ensemble sur un problème majeur : l’enseignement et surtout l’enseignant !

Je ne vous parlerai pas de diplôme. Nous avons tous reçu des leçons exceptionnelles dispensées par des hommes de chevaux sans même un G1 et subi des cours exécrables donnés très officiellement et commercialement par des titulaires du monitorat… et je ne souhaite pas m’étendre sur la qualité des diplômes équestres et pédagogiques dans telle ou telle région du monde.

Centrons-nous donc sur notre héros : l’enseignant d’équitation ou, plus justement, l’enseignant « de cheval ». J’écris « héros » et je vous vois sourire. Pourtant, un enseignant digne de ce nom s’approche réellement de Superman (ou de tout autre personnage figurant dans de célèbres comics et portant un masque et/ou une cape).

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En effet, sa première tâche, dans l’idéal, est de repérer, acquérir et dresser aussi complètement que possible quelques chevaux d’école. Des chevaux qui maîtriseront leurs disciplines respectives et pourront l’aider à initier et éduquer quelques générations de cavaliers. Bien sûr, ces chevaux auront des tempéraments divers, pour des raisons évidentes d’accord aux différents deux pattes susceptibles de les approcher et d’éducation des élèves avancés. Bien entendu, il doit pouvoir accompagner des couples en cours d’apprentissage. Il peut choisir une orientation particulière mais doit pouvoir au moins initier ses élèves, à deux et quatre jambes, aux exercices fondamentaux.

Sa deuxième tâche est d’initier le débutant à l’être-cheval… et quel challenge! Que l’élève toise trois pommes ou doive se courber pour passer les portes, qu’il soit en possession ou non de toutes ses capacités mentales et physiques, il faut lui permettre d’apprendre qui est le cheval avant de le mettre en selle. Pour cela, il dispose de plusieurs méthodes plus ou moins originales, plus ou moins personnelles mais doit toujours y accorder le temps nécessaire. Tous les gens de chevaux savent que justement… on ne sait jamais et que plus on avance, plus on apprend, moins en sait… car il ne s’agit pas tant de savoir que de sentir, que de développer un instinct, un tact, un feeling…  Pourtant, cette étape – primordiale selon moi – est largement négligée au profit des leçons collectives à cheval ou à poney…

Le temps passé autour du cheval, à apprendre comment il est fait, comment il fonctionne, comment il vit, comment il perçoit ce qui l’entoure, comment il apprend, comment il gère ses relations intra et inter-espèces, à découvrir comment prendre soin de lui, comment l’aborder poliment et en toute sécurité, à étudier ce qui est pour lui une récompense ou une punition, ce qu’il peut apprécier ou non, ce qui peut le blesser ou non… n’est pas du temps perdu mais bien, selon moi toujours, un précieux temps gagné pour l’apprentissage de ce que recouvre le terme « équitation ». Pour moi, bien des craintes de débutant et bien des ratés d’écurie pourraient être évités par ce premier apprentissage (et par des cavaleries entretenues suivant leurs besoins réels et non suivant les désirs des humains qui les gèrent).

Troisième étape : la longe ?! Celle-ci est régulièrement utilisée pour l’initation des plus jeunes mais il semble que les adultes débutants en sont dispensés dans la plupart des établissements. Pourquoi donc ? L’âge ferait-il l’assiette ? Se dessine ici un autre défi : veiller à ce que l’enfant prenne plus de plaisir que de peur. Idem pour l’adulte mais avec en plus la délicate tâche de lui faire accepter cette étape. Plus délicate encore s’il s’agit d’un faux débutant qui pense tenir à cheval et possède déjà sa propre monture. Un objectif sympathique à proposer alors est la perception de chaque mouvement du cheval en temps réel (et les yeux fermés).

Il n’est pas question de maintenir l’élève en longe durant l’année entière; il n’a pas postulé au Cadre Noir n’est-ce pas ? Il souhaite simplement apprendre à monter à cheval pour s’amuser. Une des clés pour prendre plaisir à cheval est justement de sentir tous les mouvements : respiration, posers des membres, bascule des reins ou de l’encolure, etc…

Cette étape sert également à apprendre à l’élève à se lier le plus possible au cheval. Pas question de l’asseoir sur le cheval et de le laisser se débrouiller pour maintenir son équilibre sur le cercle deux heures par semaine. On peut utiliser la voltige, les techniques d’équitation centrée, le jeu, s’inspirer d’Orgeix quant au maniement des rênes, etc…  Bien évidemment, le cheval en longe peut se déplacer en ligne droite ! Certains l’oublient parfois.

Ensuite viennent les débuts de l’évolution en autonomie très surveillée jusqu’à ce que l’élève maîtrise les bases du plat selon l’orientation du professeur. Si l’étape de la longe n’a pas été négligée, et après avoir appris à dissocier ses mains du reste de son corps, il devrait rapidement pouvoir être initié au saut d’obstacles, toujours utile même en dehors des terrains de concours et même si l’élève se destine particulièrement au dressage.

Suivant l’âge de l’élève il peut être intéressant aussi de lui ouvrir d’autres horizons méthodologiques et disciplinaires. Une grande qualité de l’enseignant est sans nul doute l’ouverture d’esprit et la volonté constante de s’informer sur ce qui se pratique ailleurs dans le monde  ainsi que d’oser en parler à ses élèves sans craindre de les perdre. Au contraire… je crois que la rétention d’informations et les oeillères sont le moyen le plus efficace pour éloigner le « client« . On ne peut tout savoir, ni tout savoir faire, ni tout savoir enseigner. On peut parcontre recommander des collègues sérieux et compétents dans une optique d’aide à la progression 🙂 Et ce en dépit d’éventuels conflits ou de la concurrence. C’est dur… oui, oui… mais salutaire pour vos élèves qui ne vous en seront que plus fidèles 😉

Et pour les élèves avancés ?

Ho, déjà 1000 mots ? ça sent l’article numéro 2… affaire à suivre!

A bientôt !

Horses Hints

 

5 réflexions sur “L’enseignant d’équitation : un super-héros ?

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