Le cheval, cette bête sans coeur

Chers Lecteurs,

Sous ce titre volontairement provocateur, je m’en vais exposer aux (bas) instincts publics ma vision – décidément bien myope  et à contre-courant?– du cheval. Comme vous le savez, quand je ne monte pas à cheval et n’étudie pas l’être humain dans toute sa complexité, je fragilise mes finances (et ma stabilité familiale) en enfouissant la péninsule qui me sert de nez (pardon Cyrano) dans une multitude d’ouvrages équestres.

Bien entendu, je lis les écuyers, les artistes, les vétérinaires, les journalistes, les sportifs, les entraîneurs, les éthologues, les professeurs, les coachs, les équi-trucs et autres hippo-machins, les bloggeurs,… J’aborde toujours mes lectures dans un esprit positif de découverte et de curiosité bienveillante. Si je suis d’humeur trop critique, je laisse mon ouvrage pour un moment plus propice puisqu’en lisant dans une attitude fermée je risque tout sauf de profiter de ma lecture.

Cependant, une pensée me chagrine souvent ces derniers mois. Le cheval semble de moins en moins considéré comme un outil et de plus en plus comme un « être doué de sensibilité » mais, dans le même temps, des voix s’élèvent un peu partout pour casser l’image du cheval-ami-qui-fait-plaisir. Messieurs-Dames, tenez-le vous pour dit : le cheval vit dans le présent, ressent confort et inconfort et tous ses comportements se rapportent à ces deux items.

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Oui, le cheval vit dans le présent, bien qu’il puisse se souvenir d’évènements passés, de personnes ou de douleurs. Oui, il semble réagir en mode confort-inconfort. Son être se résume-t-il à cela ? A ces deux simples observations ? Le cheval est-il un animal réagissant sans sentiment ? Ma naïveté, mon égo, mon caractère passionné (ou quelque autre défaut de mes qualités) me pousse(nt) à répondre NON.

Si le cheval n’est pas capable de préméditer une action avec une semaine d’avance (oubliez le cheval à l’esprit vengeur qui pile à l’obstacle parce qu’il vous déteste depuis que vous avez donné des carottes à son voisin de box et pas à lui), s’il n’est vraisemblablement pas capable de lire le « Petit Manuel de Dressage à l’usage des Chevaux de Mauvais Cavaliers », il est tout de même capable d’attachement envers des représentants d’autres espèces que la sienne. Cela n’en fait pas un être humain, ni sans doute un ami au sens humain du terme mais…pour moi, cela en fait bien un être doué de sentiment.

« Sentiment ». Un terme à prendre ici avec quelques précautions et à distinguer des émotions. Il est certain que le cheval ressent des émotions, la plus évidente étant la peur, cette émotion dont l’homme essaie généralement de le « priver ». Quand je parle de sentiment, je n’ose pas parler d’amour ou d’amitié ou de haine…  dans leur acception humaine du moins. Peut-être, dans un premier temps, les mots « liens bienveillants » seraient-ils les plus appropriés ?! Quoique c’est encore prêter au cheval une attitude humaine. Néanmoins, je n’ai pas trouvé de meilleure expression.

Attention, je ne pense pas qu’un cheval exécute une révérence, une jambette, un trot passagé ou autre piaffer pour faire plaisir à son humain. Non, quand je dis « faire plaisir » et « liens bienveillants », je parle de tout ce qui se passe en dehors de tout travail. Je parle, surtout, de relation. Un exemple ? Un cheval qui d’ordinaire, sachant que mon apparition était généralement signe de travail, s’en allait à l’autre bout du pré à mon approche (au grand dam de mon égo et de mes gambettes bien sûr), est arrivé à la barrière au petit galop un jour où mon moral atteignait des profondeurs dantesques.

Je n’en exposerai pas plus, je suis sûre que vous avez presque tous déjà expérimenté ce type d’évènement. D’autres animaux montrent également ce « sentiment » dont je vous parle bien maladroitement mais comparer chiens et chats, prédateurs par nature et animaux « de compagnie » aux chevaux est sans doute prématuré 😉

Vous l’aurez compris, je pense que nous savons très peu de choses sur l’être cheval. Quand on parle de comportement, on atteint assez vite le consensus mais si l’on s’aventure sur le terrain du « coeur », là… tout reste à découvrir. Peut-être parce que l’homme considère depuis (bien trop) longtemps qu’il a l’apanage du langage parlé et donc des sentiments. Après tout, aucun animal n’a jamais écrit « Je t’aime » à son humain responsable…

Horses Hints

 

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