Débourrage II : descendons de nos grands chevaux…

Chers Lecteurs,

Je ne vous oublie pas. Durant ces deux mois silencieux, j’ai reçu matière à réflexion, progression et partages. En effet, j’ai l’immense chance de « débourrer » une gazelle, heu, une petite jument répondant au nom de Lesson Live A.N. Dream, QH, 3 ans.  (Oui, c’est tôt.) Deux mois intenses à tous niveaux, deux mois pas toujours roses avec des hauts, des bas mais toujours une forte implication dans le « travail » et … ça continue, grâce à l’encadrement juste et enthousiaste dont nous bénéficions… et à la confiance de sa petite fée-propriétaire 😉 Merci à toi. Pour rappel de nos premières réflexions quant au débourrage c’est par ici.

Leçon n° 1 : à lire tu apprendras, au bout de tes actions tu iras

… et accessoirement, tes limites tu dépasseras. La toute première leçon, fût une grosse surprise pour tout le monde. Less’ était censée avoir déjà « travailloté » dans le rond de longe et être prête à l’étape du montoir… Tu parles! Aucun respect, aucun code établi… un petit monstre. A tel point que ce jour-là, ma foi en mes capacités (et en l’issue favorable de ce débourrage) a été fortement ébranlée et … j’ai bien failli m’envoler pour Honolulu avec l’option tissage sur plage. En plus, pour ne rien arranger, elle était dans sa phase « moche », sortant d’un hiver difficile, bref.. Tout pour nous réjouir.

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Malgré ce déficit de confiance, grâce à un encadrement sérieux et bienveillant- peut-être aussi grâce à sa bouille façon « trop mignonne » et mon côté quasi-volontariste- j’ai continué. (D’accord, grâce à ma fierté aussi.) Toujours accompagnée. Le port de la selle anglaise était acquis. Les codes de politesse par contre… Il y eut de rudes batailles, je vous l’avoue, et la « victoire » était une condition indispensable pour le passage aux étapes suivantes. Je n’ai pas de photos de ces grands moments de solitude et pour cause, nous n’étions pas trop de deux dans l’action, mais cela aurait été intéressant et plus parlant que des mots.

Pendant cette première phase qui a comporté presque exclusivement de la longe, j’ai vraiment repris pied dans le travail. Tenir mes positions face aux tentatives de domination, ne plus avoir peur d’aller trop loin, ne pas lâcher (au propre comme au figuré), réapprendre l’exigence inflexible mais juste, affiner ma lecture du cheval et à nouveau être capable de réagir au feeling c’est-à-dire, dans cas-ci, au moment où la jument décidait de se fâcher et non au moment où elle se fâchait. Différence de taille!

Exemple concret : un jour, une séance où tout coulait de source, dans le calme. Nous décidons de bosser les changements de direction. Une seconde d’inattention et PAF! les pieds vers moi. A moins d’ 1 mètre, ce n’était pas une direction mais une cible verrouillée, soit un message on ne peut plus clair. Ni une, ni deux… chasser la bête sur tout le périmètre du rond … et fâchée! Puis reprendre comme si rien ne s’était passé mais avec l’attention fixée sur les oreilles (qui se couchent) et les flancs (qui se contractent légèrement avant le coup de pied) et réaction immédiate (à la contraction) et PROPORTIONNEE ! Après quelques nouvelles tentatives de moins en moins convaincantes, j’avais « gagné ». Jusqu’à présent, elle n’a pas retenté l’expérience.

Leçon n° 2 : le calme tu instaureras, les options tu installeras

Une caractéristique du petit monstre c’est sa tendance à chauffer rapidement pour un oui ou un non. Surtout pour un non. Le deuxième objectif fût donc d’instaurer le calme. C’est le premier objectif, en principe… mais il faut savoir choisir ses priorités. Une fois le respect obtenu, la chose se révéla plus simple. Laisser quelques minutes pour se défouler et puis entrer dans le travail doucement. Enfin, laisser l’élève trouver sa cadence et récompenser.

Dans cette phase, nous avons installé l’option parcking, le reculer, les cessions d’encolure, et la mobilisation des hanches et des épaules. Ainsi, bien sûr, que les codes vocaux associés. Erreur de ma part, pour le galop, j’ai employé le mot « gaaalop »… sauf que… elle doit apprendre à démarrer au « bisou »… Pas grave, je re-conditionne. Une petite perte de temps … les habitudes ont la vie dure, hum!

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Comme vous le voyez, les conditions climatiques étaient très moyennes … On a composé avec. Un point positif: vu le nombre de passages dans l’eau jusqu’aux genoux, mademoiselle est prête pour le passage de gués… hé, hé…

Conclusion de tout cela ? Premièrement, il faut savoir reconstruire les bases quand elles ne sont pas solides. Deuxièmement, une méthode n’est pas l’autre mais toutes peuvent se compléter, s’imbriquer et aboutir à un résultat satisfaisant. Troisièmement, l’éducation du cheval est aussi l’éducation de l’homme. Une éducation où la violence gratuite, la lâcheté et l’abandon sont interdites. Enfin, se battre n’est pas drôle, difficile, dangereux parfois, dégoûtant, épuisant… mais cela en vaut la peine. La preuve au prochain article 😉

A bientôt les Dad’Amis…

Horses Hints

P.-S : il faut aussi connaître ses limites car malgré tout, ce type de travail n’est pas sans danger. Mieux vaut passer la main quand on doute ou que l’on a peur plutôt que s’entêter sur une voie risquée.

Une réflexion sur “Débourrage II : descendons de nos grands chevaux…

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