La cloque au pied*

Chers Lecteurs,

Nous avons tous souffert, un jour ou l’autre, d’une cloque au pied. Cette toute petite blessure, cachée bien sûr, et qui nous assure … un chemin douloureux. Voyez-vous, cette brûlure, si infime soit-elle, entrave sa victime aussi sûrement qu’une chaîne et ses boulets. Si certains courageux peuvent l’ignorer un moment, viendra l’heure du pas de trop. Ce moment où le pansement voire le changement de chaussures s’avèrera indispensable.

Amis cavaliers, dresseurs, éducateurs, professeurs…  Avez-vous conscience de votre propre cloque au pied ? Ce « petit truc » qui vous envoie aux mêmes échecs année après année ? Cette barrière qui vous rend difficile le même type d’événement ? Cette conviction intime qui, même si vous refusez de l’avouer, vous fait rejeter certains chevaux, certains élèves, certaines activités ? Ce grain de sable qui vient gripper les rouages de vos enseignements et apprentissages ? En dehors des incompatibilités de caractères, naturelles.

Evoluer (sinon travailler) avec un être aussi fin que le cheval demande bien plus de qualités humaines que de technique. Arrive toujours le jour où toute la technique du monde se révèle insuffisante. Quel que soit l’homme, et aussi droit qu’il se tienne, s’il emporte avec lui une jolie cloque serrée bien au chaud dans ses bottes, son cheval boîtera pour lui.

Pour l’observateur, c’est tristesse qu’un tel constat : beau cheval, beau cavalier… si seulement ils allaient de concert ! Ceci ne mettant pas en cause l’assiette de l’un ou l’allure de l’autre. Non ! Il s’agirait plutôt d’un sentiment diffus qui ferait dire à quelque indélicat que :  » C’est affreux ! Ils ne vont pas ensemble !  » Et pourtant…

Pourtant, homme et bête ont travaillé ensemble durant une décade déjà. Pourtant, l’un est beau, souple, aérien et l’autre, grand technicien devant l’Eternel, a éduqué des centaines de chevaux. Pourtant… quelque chose sonne faux. Peut-être est-ce le sourire crispé du cavalier ou sa transpirante impatience ? Peut-être est-ce une légère raideur à la nuque du quadrupède ou bien encore le dur éclat au fond de son oeil ? Ce détail** qui signe la différence entre le cavalier et son homonyme à majuscule : le Cavalier.

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Oiseau de ciel – R. Magritte

Regardez honnêtement votre propre parcours et vous comprendrez de quoi je parle. Honnêtement on a dit…  Quelles situations vous semblent insurmontables ? Que recherchez-vous ou que fuyez-vous chez les chevaux ? Est-ce bien toujours un libre choix ? Quelles limites vous êtes-vous imposées qui vous empêchent à présent d’évoluer ?

Sachez, Amis Lecteurs, que cette blessure a priori bénigne est votre plus bel ennemi à condition d’en prendre conscience. Prenez conscience de ceci : si vous choisissez d’ignorer le problème, si petit qu’il paraisse, il a toutes les chances de vous poursuivre, encore et encore. Si vous n’attaquez pas le souci, vous pourrez toujours changer de prof, de cheval, de matériel, de méthode… vous buterez toujours au même endroit. Et pire : vous vous résignerez. Et là, à vous la frustration, la jalousie, l’amertume, le regret, la dévalorisation …

Je ne vous donnerai qu’un seul conseil ce matin :

 

LA RESIGNATION C’EST NON ! 

 

Merci pour ton passage, Ami Lecteur,

 

Horses HInts
* Aussi connue sous le terme de paresse du cavalier

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