Les 10 droits imprescriptibles du chev-allant

Vous êtes seuls au monde à vivre votre vie, vivez-la librement ! 

Chers Lecteurs,

Cet article, librement inspiré d’un chapitre de l’ouvrage « Comme un roman »* de Daniel Pennac, a pour but, en ces temps de prescriptions, obligations et commandements assortis de guerres de « religion », de vous rappeler qu’être chavallant – équitant c’est avant tout jouir d’une liberté supplémentaire : celle d’accomoder entre elles la liberté d’un/de votre cheval et la vôtre.  Aujourd’hui, j’ai envie de parler de cette dernière.

  1. Le droit de ne pas monter à cheval, voire de ne pas posséder de cheval

Qui a dit qu’aimer les chevaux voire l’équitation rend obligatoire la possession ? Qui a dit que « posséder » un cheval ou plutôt, comme le disent de plus en plus de personnes « être le gardien d’un cheval » force à le monter ou même à le faire travailler ?

Sentez-vous libres de choisir à tout instant l’activité que vous voulez partager ou non avec votre cheval ou celui de la tante Gertrude. Si admirer chaque après-midi les tours de sieste du troupeau derrière votre maison suffit à votre bonheur…. pourquoi vous compliquer l’existence par d’interminables séances de mise en selle au club d’à côté ? Pourquoi ne pas investir dans un bon appareil reflex pour immortaliser vos sujets favoris ?

2. Le droit de zapper des disciplines ou des activités

Bien sûr, je préférerai toujours, très personnellement, une approche polyvalente et c’est d’ailleurs ce que je prône sur ce blog et dans la vie. Cependant, vous êtes tout à fait libres (en dehors de l’évidence d’une éducation préalable à toute activité) de vous adonner à une seule discipline et d’y rechercher ce qui est important pour vous : le plaisir, la découverte, l’excellence, le partage, la joie, la paix, la gagne, etc…

3. Le droit de ne pas finir un cheval

Celui-ci fera peut-être grincer des dents. Tant pis. Restez maîtres de vos décisions. Vous n’avez pas l’obligation d’emmener votre comparse sur ressorts au bout du bout de votre discipline. Si les randonnées d’un jour vous suffisent, rien ne vous prescrit de prévoir un tour d’ Europe sans plan de secours. Si trois voltes et deux cessions à la jambe vous suffisent, pourquoi courir après le piaffer ou la cabriole ?

Dans un autre registre, moins plaisant. Rien ne vous oblige à littéralement « finir » votre cheval. Si l’entente n’est pas là. Si la sécurité est optionnelle. Si les moyens viennent à manquer… vous avez encore, heureusement, le droit de céder votre équidé à qui voudra / pourra / saura prendre soin de lui. !!! je ne parle pas ici d’abandon sauvage !!!

Quant à la fin de la vie de MisterCrinsLongs, vous avez le droit de choisir, en votre âme et conscience, et si le destin vous le permet, où et comment il vous quittera. Chaque homme a ses convictions et le droit inaliénable de les respecter. Toujours dans le respect de l’autre. Of course ! 

4. Le droit de revoir sa copie

Celui-ci est l’évidence même pour moi. Vous avez, à tout moment, le droit de changer d’avis pour n’importe lequel des pans de votre vie équitante et dans n’importe quel sens. Passer du sans mors au mors ou l’inverse. Passer de couverture+cloches au pré à rien du tout. Passer du dressage à l’obstacle, de la voltige à l’attelage. Des préceptes de Mr Oliveira à ceux de Mr Karl et vice-versa. Bref, vous avez le droit de revoir vos positions éthiques, pratiques et morales dès que vous en ressentez le besoin !

Soyez l’artisan de votre vie équestre. Personne – à moins d’une chance suspecte – ne vous prendra par la main dans le but de vous emmener là où vous voulez vous rendre. (Avouez que ce serait bien difficile, la plupart d’entre nous ne sachant pas vraiment où il veut aller ou n’y croyant pas assez voire pas du tout.)

Assumez de vous tromper, d’hésiter. Assumez d’être satisfait ou insatisfait et réflchissez pour réagir au mieux au moment où se pose le problème ou l’inconfort. Soyez votre propre guide … mais apprenez à vous servir d’une boussole et sachez toujours pourquoi vous empruntez un chemin plutôt qu’un autre.

5. Le droit de schtroumpfer n’importe quoi

Ce paragraphe-ci s’applique aussi bien au terme « lire » qu’aux termes « monter », « porter » ou  » découvrir ». Pour la lecture, je vous renvoie à un précédent article. Pour le verbe « porter » : si vous êtes strass et paillettes ou levis et santiag, restez vous-mêmes. Vous adorez votre vieille selle d’obstacle décrépie mais ho combien fonctionnelle et confortable ? Gardez-la ! Vous ne jurez que par le rose bonbon, le jaune canari ou les guêtres en mouton ? Restez libres d’acheter, porter et utiliser le matériel et les tenues qui VOUS conviennent. Pour l’équitation, hé bien, que vous soyez plutôt poney ou plutôt trait, plutôt cheval de sang ou mocktail des prés, âne, baudet ou autre croisé… vivez votre passion à votre goût, à votre gré !

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6. Le droit de vivre pleinement  le cheval

Chacun a le droit de vivre son lien au cheval comme il le désire. Quel est le vôtre ? Partir en concours chaque dimanche ? Passer une heure quotidienne sur le sable, aux petites heures et en silence ? Enchaîner les randonnées ? Chorégraphier des représentations équestres ? Travailler pour les équidés ou avec eux ? Avoir des chevaux de compagnie ? Passer votre vie à les peindre sans jamais chercher à les toucher ?

Personne ne peut prétendre prescrire votre façon de vivre le cheval. Vos seules limitations résident dans le respect dû à l’animal lui-même et aux humains qui vous entourent.

J’ajouterai une petite note : si vous préférez vous promener ou vous entraîner en solitaire, pour pouvoir vous concentrez pleinement sur votre tâche (plus facilement) plutôt qu’en groupe, qui a le droit de vous le reprocher ? Si vous préférez pratiquer l’équitation entre copains/copines parce que c’est « fun » et que sinon « on s’ennuie ». Qui a le droit de vous forcer à l’attitude contraire ? Personne à part vous-même.

Ce droit de vivre pleinement le cheval est parfois difficile à respecter et à organiser dans des vies d’adultes déjà balisées par nombre d’obligations et de tracas. Je vous souhaite à tous de pouvoir concilier le tout, pour votre plus grand bonheur.

7. Le droit de monter n’importe où…

Ou pas. Il y a des interdictions et des questions de sécurité. Par ‘n’importe où » j’entends « dans n’importe quelle écurie ». « Chez n’importe quel enseignant ». J’ ai déjà abordé cette question mais elle reste apparemment sensible. Vous avez le droit de choisir quel enseignement vous voulez suivre et quel enseignant vous voulez à vos côtés. Vous avez le droit d’en changer. Le droit d’aller et venir (en gardant une logique de progression c’est plus utile), le droit de tester, d’aimer, de désapprouver, de le dire et d’agir en conséquence.

Humainement, en pratique… c’est une véritable difficulté. Entre les enseignants qui prennent mal les changements et les cavaliers qui culpabilisent de « lâcher » un prof qui les suit depuis dix ans… Or, ça ne devrait pas. Encore moins si ledit prof est devenu un ami au fil du temps. Au contraire, il devrait beaucoup mieux comprendre votre envie/choix. Et vous-même devriez pourvoir exposer clairement vos raisons. Même si, au fond, vous n’avez pas à vous justifier.

8. Le droit de vouloir plus ou autre chose

Un droit délicat également. Vous avez le droit de vous tenir informé et de discuter vos découvertes avec votre enseignant. Vous avez le droit de vouloir plus pour vous et votre cheval que ne veut votre enseignant. Même si son rôle, entre autres petites choses, est de vous montrer où vous en êtes et quelles sont vos limites du moment, dites-lui ce que vous voulez vraiment. Fixez avec lui des objectifs intermédiaires si le « but final » est irréaliste au moment « m » mais ne laissez pas vos envies mourir sous la déprime saisonnière de votre mono qui se gèle les petons au milieu de la carrière en se demandant pourquoi diable, il n’a pas choisi l’option informatique au lycée. Je force le trait… ça vous restera peut-être en mémoire 🙂 Encore faut-il savoir ce que vous voulez vraiment. Attention : j’ose espérer que votre enseignant est plus compétent que vous (au moins pour une discipline donnée), n’oubliez donc pas de toujours l’écouter avant de vous lancer dans une lutte illogique ou sans fondements qui sera finalement nuisible pour tout le monde. 

9. Le droit de dire

Vous avez le droit d’avoir une opinion, de la partager, d’exprimer vos accords et vos désaccords. Le droit de dire que vous peur, que vous voulez autre chose (en précisant), que vous vous ennuyez, que vous avez mal ou qu’au contraire « c’est le pied ». Etre cavalier c’est aussi être humain. C’est donc aussi ressentir et partager. Vous avez aussi le droit de parler à votre cheval !!! Le droit de le remercier. Le droit dire merci aussi aux pros qui vous entourent. Vous les payez c’est vrai… et alors ? Vous ne remerciez jamais vos collaborateurs au bureau ?

La voix vous manque ? Ecrivez ! Souvent, cela fait du bien… vous verrez !

10. Le droit de se taire

Parfois, l’expérience est telle qu’on a juste envie de… se taire. Parfois, c’est une situation délicate pour laquelle rien de bon ni d’intelligent ne nous vient en tête. Parfois, c’est un moment intime. Un moment que l’on voudrait garder pour soi comme un trésor, une perle scintillante tout au fond du coeur. Parce que c’est Pégase et parce que c’est vous. Devinez ? Vous en avez le droit !

Et vous ? Vous sentez-vous libre ? Vous accordez-vous ces droits ? Les donnez-vous aux autres ? N’hésitez pas à commenter et partager!

 

A bientôt,

Horses Hints

 

 

10 réflexions sur “Les 10 droits imprescriptibles du chev-allant

  1. Très intéressants en effet ces droits, il est bon de les rappeler.
    Je rajouterai deux devoirs qui me viennent en tête.
    Un devoir de cohérence, entre ses convictions et ses actions. Si les unes et les autres peuvent évoluer, il me paraît important de faire au mieux en sorte qu’elles soient en cohérence à un moment M.
    Et surtout un devoir de respect: des chevaux, des règles et des autres. Et ce devoir là est essentiel pour permettre aux droits des autres d’exister, et donc par là même aux nôtres. Nous avons le droit de nous taire, et le devoir de respecter celui qui souhaite se taire, le droit de dire et le devoir d’écouter sans empêcher l’autre de parler, etc…

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Bonjour,
      Oui, en effet… intéressante remarque ! Je n’ai pas encore abordé la question des devoirs mais elle est en cours 😉 Tu galopes plus vite que mes petits doigts :p Le devoir de cohérence est le premier qui m’est d’ailleurs apparu une fois l’article posté mdr… Réfléchir avant d’agir? Connais pas. Hum.
      Patience, patience !
      Merci pour ton passage et ton judicieux commentaire ! Ainsi que pour ton suivi depuis le début.

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    • Bonjour Zmu,
      Merci pour ce retour ! La déculpabilisation était effectivement l’un des buts recherchés. Le monde du cheval vivant encore entre deux siècles (les 18 et 19ème… ). 😉 Du moins.. un certain monde du cheval.

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  2. – Bon déjà si ça me prend par les sentiments en s’inspirant de Pennac alors… –

    Blague à part, je trouve ton article… fantastique. Dans le sens où tu rappelles très justement tout ce que l’on tend à oublier sous la pression des autres, les jugements, les « moi, je… », les conseils donnés à tort et à travers, les critiques… Bref, tu rappelles tout ce que l’on nous interdit de penser aujourd’hui. (Malheureusement, cette interdiction de penser, de réfléchir, d’évoluer et d’être soi-même à travers ses convictions intimes et ses goûts, n’est pas inhérente au monde équestre… Ce qui rend ces droits plus importants encore, mais plus difficile à assumer au quotidien. Et rien que de parler d’assumer ses droits montre bien où nous en sommes, tiens. xD)

    Je rajouterais simplement qu’à ces droits s’ajoutent quelques devoirs, dont un essentiel dans la pratique équestre : le devoir de respecter son cheval. Et ce devoir vient tempérer tous les droits cités ci-dessus : user de ce que l’on voudra en terme de matériel tant que cela respecte l’intégrité du cheval. Pratiquer n’importe discipline… tant qu’elle respecte les limites du cheval. Pratiquer auprès du professeur de notre choix… tant que celui-ci correspond également au cheval.

    Mais comme toujours, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ton article ! 🙂 Merci pour ce joli partage qui fait du bien à la fois au moral et aux neurones !

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    • Bonsoir Hegozaldi,
      Tout d’abord, merci pour ton suivi, ton intérêt et ton retour sagement étayé.
      Cavalierre m’a fait la même remarque (tip top si si, va voir au-dessus 😉 ) et je lui ai répondu qu’effectivement, hormis sur certaines lignes, je n’ai pas encore abordé la question des devoirs… Comme tu t’en doutes elle « doit » suivre 😉 Je te dis donc à tout bientôt pour un nouveau milshake de cellules grises.

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  3. Encore un bien bel article. Je comprends quand tu dis que certaines paroles pourraient faire grincer des dents mais je suis tellement en accord avec toi sur ces points !
    Je ne comprends pas les gens qui prônent le « tu l’as acheté, tu dois le garder jusqu’au bout ». Les objectifs, les envies, les capacités de chacun évoluent et il faut en tenir compte. Sans parler des couple qui se mettent en danger parce que la confiance ne s’installe pas…

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ta lecture et le compliment 😉
      Merci aussi pour ton honnêteté. En effet… pas mal de cavaliers de loisirs ne se font plus plaisir et même très peur avec leur cheval et le gardent et surtout, continuent à le monter, parce que « c’est le mien et je l’aime » ou « je dois assumer mon mauvais choix jusqu’au bout » et les frayeurs et accidents ne sont pas rares. Seulement, on parle ici d’affectif donc .. oui, libre à chacun d’arrêter les frais… libre aussi à chacun de continuer. Même si je tenais ici à rendre cette liberté de dire stop. Le cheval, surtout en mode « loisirs » doit rester un plaisir et une source de joie voire d’accomplissement et non un travail à temps plein avec prime de risque 😉 Sans compter que certains vont jusqu’à mettre d’autres cavaliers en danger dans le style : « Je prends une dp parce que j’ai peur de mon cheval…  » (sauf que le cheval est réellement à travailler). Bref.. un sujet délicat mais finalement au centre de la vie équitante.

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