Comment seller correctement?

Cher Lecteur,

De retour en club, certaines questions de cavalier débutant – et moins débutant- me viennent en tête. C’est donc l’occasion pour moi de te parler d’un sujet qui éveille l’intérêt d’un nombre croissant de personnes mais qui n’a pas encore retrouvé sa juste place dans le monde « clubesque ». A savoir: l’art de seller un cheval ou un poney.

La première question qui se pose est, en principe, le choix de la selle. Elle doit convenir au cheval ET au cavalier ainsi qu’à la discipline pratiquée mais un cavalier de club devra se contenter du matériel généreusement mis à sa disposition, aussi (in)adapté soit-il pour son cas particulier. Nous parlerons donc du choix du matériel dans un article ultérieur.

Pour des précisions sur le saddle-fitting et tous ses bienfaits, je te partage un lien vers le blog d’Eugénie Cotterau, spécialiste du sujet (les chevaux lui disent merci) et plus précisément aujourd’hui, un article illustré à propos des selles mal placées.

Si tu comptes monter à cheval en lui faisant le moins de mal possible malgré le poids et l’effort que tu lui imposes, parfois sans conscience des difficultés que tu engendres, alors cet article est fait pour toi. Car j’en suis persuadée, si tu apprends l’équitation, au fond, tu les aimes, ces grosses bêtes « dangereuses aux deux bouts et fourbes au milieu« .*

brown leather horse saddle

Le B-A BA

Pour te porter, le cheval a besoin de son dos. Il a besoin également de pouvoir utiliser ses jambes, ses abdominaux, son garrot, ses poumons, le plus librement possible. Comme toi en fait.

A propos du dos: la clé de voûte du dos du cheval, c’est-à-dire, l’endroit le plus « porteur » de son dos, se situe au niveau de la 13ème vertèbre thoracique (ou dorsale). C’est donc là et nulle part ailleurs que ton poids devrait se trouver. C’est là qu’il se trouve d’ailleurs, quand un cheval est sellé avec le matériel adapté et bien positionné et que le cavalier a appris à se tenir. Malheureusement, un matériel inadapté ne trouvera pas sa place, quels que soient tes efforts. Et de surcroit, toi-même n’y trouveras pas ta place. Un saddle fitter peut réaliser de petites adaptations mais une selle trop étroite restera trop étroite.

Entre les allures étriquées du cheval qui fait ce qu’il peut pour moins souffrir, ses difficultés respiratoires dûes à la sangle sur-serrée, ton bassin mal mis, tes jambes inefficaces parce que pas au bon endroit (mais DONNE DES JAMBES BON SANG!), ton dos qui encaissera très mal les secousses (quiconque a essayé de trotter assis en selle mixte, sur le garrot, avec les étrivières longueur « obstacle » sait de quoi je parle), tu te prépares un cours digne d’une séance de torture. Tout ça pour un prix allant de 15 à 60 euros… ça fait envie hein?! Là, tu comprends l’air en-chan-té de Caramel quand il te voit arriver.

Oui, oui, je sais, ton mono lui-même est passé derrière toi pour remettre ta selle en avant et « sangler comme il faut ». Maintenant que tu sais de quoi il retourne (même les manuels pour débutants soulignent la bonne place de la selle, si,si!) à toi de choisir ton positionnement mais tu ne pourras plus plaider l’ignorance.

Quelques repères

1) La selle repose obligatoirement DERRIERE les scapula (l’os de l’épaule). En effet, garrot et épaules doivent pouvoir jouer librement. Inutile de te plaindre d’un cheval « qui n’avance pas » ou d’un « garrot fréquemment bloqué » si tu selles en avant. Selle en avant = omoplate qui ne peut plus basculer vers l’arrière… rechercher des allures souples voire amples est alors vain … et criminel.

2) Pour toutes les selles anglaises « classiques », les selles d’amazone et les selles ibériques, la sangle passe à UNE LARGEUR DE MAIN du coude! Sur le passage de sangle donc et pas collée aux coudes… (Retour au manuel du galop 1, les fédés ne font pas que des bêtises ^^)

3) Aucune selle ne peut dépasser la dernière côte. Aucune.

4) En club, il est fréquent que les cavaliers aient l’ordre d’utiliser un amortisseur. Il faut toujours veiller à le positionner à sa juste place et préférer un modèle en moumoute avec gouttière. Sinon, même une selle adaptée deviendra inadaptée…

5) Le sanglage sert à: stabiliser la selle. Pas à l’imprimer sur le dos de Caramel… Souviens-t’en avant de saucissoner Poney et de l’obliger à travailler en apnée.

6) La selle doit reposer horizontalement sur le dos du cheval. C’est-à-dire que pommeau et troussequin doivent se trouver à la même hauteur.

Les avantages ?

Bien sellé, avec un matériel adapté, le cheval pourra tout simplement RESPIRER, se mouvoir plus facilement et – le plus important – sans douleur! Le cavalier, lui, trouvera plus facilement sa place, maintiendra sa position, accompagnera mieux son cheval, et … trouvera aussi des sensations plus justes. (Trotter assis te semblera étrangement plus facile… )

Là, tu n’as pas encore bridé ni réglé tes étriers, mais ce sera le sujet d’autres articles.

A bientôt,

Horses Hints

*Winston Churchill

P.-S: si tu t’intéresses à l’anatomie et à la locomotion du cheval, va donc faire un tour du côté des travaux du docteur D. Giniaux, de Gillian Higgins , ou de Pierre Pradier.

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Une réflexion sur “Comment seller correctement?

  1. Pingback: Le cheval, grand oublié du centre équestre | Horses Hints

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